Archives mensuelles : septembre 2013

Une (contre)vérité qui dérange…

Prenez n’importe quel article sur un blog, journal on-line ou autre site internet traitant de près ou de loin d’écologie. Que l’on parle de réchauffement climatique, de dangers des OGM ou de baisse de la fertilité des pandas géants dans les zoos d’Amérique du Nord, vous aurez un ou plusieurs commentaires qui évoqueront la mauvaise foi de ces satanés écologistes par ce type de propos :

«   Les écolos sont de friands concepteurs de théories aussi fumeuses que boiteuses ni prouvées et même pas prouvables. Par exemple, ils avaient annoncé à grand renfort de pub et autres messages alarmistes au début des années 90 la mort programmée des forêts suisses dans les 10 années à suivre à cause du bostryche et des pluies acides. 20 Ans plus tard, les forêts suisses ont augmenté de 30%! »
(vrai commentaire tiré du site internet http://www.24heures.ch, légèrement modifié par mes soins pour le rendre plus compréhensible).

Il est effectivement vrai que divers mouvements écologistes, en Suisse et ailleurs en Europe, avaient attiré l’attention de l’opinion publique sur les pluies acides et plus généralement la pollution atmosphérique qui affectait la santé des arbres, menaçant à terme la survie des forêts.

Ces dernières années, la surface boisée dans notre pays a progressé en moyenne de 4500 ha par an, soit à peu près la superficie du lac de Thoune.

Alors tous des menteurs ces écolos ?

HELL NO !

Car si la tant redoutée « mort des forêts » n’a pas eu lieu et que ces dernières se portent même comme des charmes (on relèvera au passage le subtil jeu de mots) ce n’est pas parce qu’il s’agissait de fabulations d’extrémistes en birkenstocks, mais bien parce que des mesures ont été prises pour venir à bout des causes de ce dépérissement.

Le débat avait été mené sur la scène politique, avec notamment une discussion nourrie aux Chambres fédérales en 1985, et la mise en place d’une stratégie fédérale de lutte contre la pollution de l’air ayant débouché sur l’ordonnance sur la protection de l’air (OPair).

Parallèlement, on assistait un peu partout en Europe à une forte réduction des émissions de dioxyde de souffre (le principal responsable des pluies acides) d’origine industrielle suite notamment à la signature des deux protocoles internationaux d’Helsinki (1985) et Oslo (1994) fixant des règles strictes en la matière.

Les pluies acides sont en effet très mobiles, et les problèmes rencontrés par exemple aujourd’hui par certaines forêts japonaises ou coréennes sont dus aux émissions polluantes de l’industrie chinoise.

C’est donc grâce à des mesures politiques courageuses prises suite à l’alarme lancée par les écologistes que la redoutée mort des forêts n’a pas eu lieu!

Dire qu’ils ont prêché le faux, c’est un peu comme (oui, je sais, c’est naze les métaphores, mais j’adore ça) si quelqu’un criait au feu, attirant l’attention des pompiers qui interviendraient pour éteindre l’incendie, et qu’un témoin de la scène s’approchait du lanceur d’alerte pour lui dire d’un ton méprisant « pfffff, n’importe quoi, il n’y a même pas de feu ».

Alors s’il vous plait Mesdames et Messieurs les commentateurs anonymes d’internet, trouvez un autre exemple pour décrédibiliser les écologistes. Celui-ci semble particulièrement mal choisi… Les conséquences des pluies acides sur une forêt d’Europe de l’Est…

Libéraliser les saucisses à rôtir?

 

« Légalisons les saucisses à rôtir ». C’est par ce slogan aux accents un brin surréalistes et volontairement ridicules que les partisans de la modification de la Loi fédérale sur le travail (LTr) soumise au peuple le 22 septembre prochain comptent convaincre la population.

Leur stratégie est en effet simple : faire passer ce changement législatif pour quelque chose d’anodin et logique, mettant fin à une absurdité bureaucratique qui veut que certains produits puissent être vendus 24 heures sur 24 dans les magasins des stations-services, alors que d’autres se voient retirés des étals entre 01h00 et 05h00 du matin.

Or vous imaginez bien que si l’ « alliance pour le dimanche », composée des syndicats, des partis de gauche et des Églises a récolté en un temps record les 50’000 signatures nécessaires pour un référendum, les choses ne sont pas si simples.

Actuellement, les stations-service peuvent occuper leur personnel sans autorisation spéciale 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 pour vendre de l’essence, mais doivent respecter les horaires de travail réguliers en ce qui concerne leurs magasins ou « shops ».  Des exceptions sont faites pour ceux situés sur les aires d’autoroute ou le long d’axes de circulation importants à forte fréquentation touristique, qui peuvent vendre des produits frais jusqu’à 1 heure du matin ainsi que le dimanche.

Les modifications sur lesquelles nous sommes appelé-e-s à nous prononcer veulent permettre à ces stations-service situées sur les grands axes ou le long d’autoroutes d’employer des travailleurs sans autorisation préalable la nuit et le dimanche. La question n’est donc pas tant de savoir si tel ou tel produit peut être vendu à 3 heures du matin, comme aimeraient le faire croire les partisans de la réforme, mais bien si des personnes doivent travailler de nuit pour les vendre, sans aucune restriction. Quand on connait les conditions de travail peu enviables du personnel de vente, la réponse semble vite trouvée. Ce d’autant plus que le critère de « forte fréquentation touristique » disparait dans la nouvelle mouture de la LTr, ouvrant la porte à une forte augmentation du nombre d’établissements pouvant appliquer le travail 24 heures sur 24…

Voter NON le 22 septembre prochain c’est donc s’opposer à une péjoration des conditions de travail dans le secteur déjà difficile de la vente de détail, au consumérisme toujours plus présent dans notre société (qui a réellement besoin d’acheter cette fameuse saucisse à rôtir à 3 heures du matin ?) mais aussi et surtout donner un signal clair à celles et ceux qui souhaitent libéraliser toujours d’avantage les horaires de travail. Les objets parlementaires sont en effet légion en la matière (élargissement des horaires d’ouverture des magasins etc.) et nul doute qu’un refus net du peuple fin septembre serait de nature à compromettre leur développement.