Archives mensuelles : novembre 2013

Des francs et des larmes

 

Il n’est pas rare de lire dans la presse les résultats de telle ou telle étude chiffrant les coûts de telle ou telle pathologie ou comportement problématique.

Ainsi en juin 2010 les médias relayaient une étude qui présentait les coûts des maux de dos pour l’économie, alors que plus récemment c’était au tour des violences conjugales d’être quantifiées monétairement.

J’avoue que cette manière de faire m’a toujours particulièrement choqué.

Si la scoliose ou les dépressions contribuaient à faire progresser notre PIB et la productivité des entreprises, devrait-on s’en réjouir ?

En cherchant à mettre de la sorte des chiffres sur la douleur humaine, on finit par la dénaturer, et on oublie que derrière ces millions de francs perdus par l’économie il y a des milliers de personnes qui souffrent.

On ne devrait ainsi pas agir contre le mal de dos parce qu’il engendre des frais pour les entreprises, mais parce qu’il fait souffrir et handicape des travailleurs et travailleuses.

Et il ne convient pas d’investir dans la prévention contre l’obésité par celle-ci est responsable de plusieurs milliards de coûts par année, mais pour garantir aux personnes susceptibles d’en être atteintes de meilleures conditions de vie.

On me dira qu’il est plus facile de parler en termes de francs, qui sont une unité objective et tangible, qu’en termes de sentiments ou de douleur physique, notions plus difficiles à définir et estimer.

Certes, mais n’oublions pas que l’objectif de ces politiques doit rester l’amélioration de la qualité de vie, et non l’efficacité économique.

ça semble logique, mais on dirait que certains l’oublient parfois…

 

 

Pour le droit des berlingots à être recyclés !

 Le texte d’un postulat, ensuite transformé en interpellation, que j’ai déposé jeudi 14 novembre au Conseil communal de Renens, au sujet du développement de nouvelles filières de recyclage, notamment pour les emballages en carton pour les boissons, ainsi que pour les plastiques hors PET et PE.

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Municipaux, chères et chers collègues,

 

Notre canton s’est fixé des objectifs ambitieux en matière de recyclage des déchets. L’Agenda 21 cantonal prévoit ainsi un taux de recyclage de 60% pour 2025, contre environ 45% aujourd’hui.

La taxe au sac, qui a fait couler beaucoup d’encre et de salive dans le passé récent, relève clairement de cette volonté, et semble, au vu des premiers chiffres fournis par les communes ayant introduit ce système, porter ses fruits.

Le quotidien 24Heures nous informait ainsi fin juin de ce que le volume des déchets incinérables récoltés dans le canton avait diminué de 30% depuis le 1er janvier 2013, date d’entrée en vigueur de la taxe dans de nombreuses communes vaudoises.

À Renens ces chiffres sont encore plus spectaculaires, puisque l’on pouvait lire dans le numéro de septembre de Carrefour Info que la baisse du tonnage des ordures constatée depuis le 1er juillet était de 40%, avec notamment un doublement de la quantité de déchets organiques récoltés, ainsi qu’une augmentation de 20% pour ce qui est du papier et du carton.

Ces chiffres sont encourageants, mais doivent être lus avec prudence, car l’expérience d’autres cantons montre qu’après une phase de forte croissance du taux de recyclage, celui-ci tend à se stabiliser à un niveau plus bas qu’initialement constaté.

Il est donc essentiel de continuer les efforts pour développer les filières de tri des déchets et les points de collecte, afin d’atteindre de manière durable les objectifs fixés par le canton.

Ainsi, si l’on peut trier désormais sans problèmes alu, fer blanc, papier, déchets organiques, piles et PET, certains déchets pourtant facilement recyclables finissent toujours obligatoirement dans nos poubelles, aucune collecte séparée ne leur étant destinée.

C’est notamment le cas des emballages en carton pour boissons, que l’on appelle communément « berlingots » dans nos contrées.

Pour d’autres, comme les emballages en plastique hors PET (qui d’après une étude de l’Office Fédéral de l’environnement datant de 2003 représentent 15% des déchets des ménages), des points de collecte existent dans certaines déchèteries, mais une fois récoltés ceux-ci finissent le plus souvent incinérés, faute de filière de recyclage.

En février 2012, dans une réponse très complète à un postulat de Mme la Députée Michèle Gay-Valoton traitant de l’évolution des procédés et des coûts d’élimination et de la valorisation des déchets, l’administration cantonale soulignait que la cause de cette absence de recyclage était avant tout imputable au manque de filières adaptées.

Or les choses bougent peu à peu en la matière, et certains grands distributeurs ont annoncé réfléchir à une récolte de divers types de déchets plastiques en vue du recyclage de ces derniers.

Il semble urgent que les communes, à qui la loi confie la tâche de la gestion des déchets, s’intéressent aussi à la mise en place de ces nouvelles filières de recyclage.

Nous souhaitons donc demander à la Municipalité d’étudier,  en collaboration avec les autres communes actionnaires de la société de gestion des déchets VALORSA, ainsi que tout autre partenaire institutionnel ou non qu’elle jugera utile :

    Le développement d’une filière de recyclage des déchets plastiques hors PET et PE, notamment les emballages en plastique bien présents dans les déchets ménagers.

 

       Le développement d’une filière de recyclage des emballages en carton pour boissons.

 

       La mise en place d’un réseau de points de collecte efficace pour ces nouveaux matériaux recyclables.

 

 

En voiture (électrique) Simone

 

Quelles véhicules voulons-nous voir rouler sur nos routes dans 37 ans ?

La question semble quelque peu farfelue, bien loin de nos préoccupations quotidiennes ou même des combats politiques qu’il urge de mener.

Pourtant, lorsque l’on sait que les transports sont à la base de plus du tiers de nos émissions de gaz carbonique, et que les particules fines sont responsables de    la mort de plus de 3000 personnes chaque année en Suisse , il semble moins saugrenu de se la poser.

C’est d’ailleurs ce qu’on fait les Verts suisses lors de leur dernière assemblée des délégués, samedi 9 novembre à Zurich, en adoptant un papier de position intitulé « Protection du climat : Plan d’action électro-mobilité ».

Si l’objectif reste toujours de réduire la proportion du trafic individuel motorisé en le remplaçant par les transports en commun et la mobilité douce, il ne faut pas se voiler la face : une part de nos déplacements continuera à se faire en voiture. Certains lieux resteront toujours peu ou pas connectés aux réseaux de transports en commun, et une partie de la population continuera de faire le choix de la mobilité individuelle.

Cela n’est pas incompatible avec l’objectif ambitieux que se sont fixés les Verts suisses – à savoir réduire à 0 les émissions de CO2 produites par les voitures privées d’ici à 2050 – pour autant que l’on y mette les moyens.

Les Verts suisses souhaitent en effet que l’entier du parc automobile du pays soit composé de voitures électriques d’ici au milieu du siècle.

Pour y arriver, les Verts demandent notamment:

1. Un objectif climatique ambitieux pour les voitures neuves (diviser par deux les émissions de CO2 par km d’ici à 2020).

2. Un bonus pour les véhicules électriques financé par un relèvement de l’impôt sur les
véhicules importés. Cet impôt doit être lié à des bons pour du courant vert.

3. Davantage de places de parc pour voitures électriques avec bornes de chargement
en courant vert par la transformation des places de stationnement existantes. Pour
les places de stationnement de courte durée, il faudra prévoir des postes de recharge
rapide.

4. L’amélioration du label automobile: les voitures électriques efficaces doivent obtenir
une note A+. De plus, les étiquettes doivent indiquer les frais d’entretien à prévoir,
plein d’essence et recharge en électricité inclus.

5. Une réduction de la charge écologique: les mesures de soutien sont complétées de
manière à prendre en compte la pollution provoquée par les piles, les véhicules et la
production d’électricité.

6. Le mobility-pricing: pour réduire globalement la mobilité et la gérer de manière ciblée,
il faut introduire rapidement pour toutes les voitures individuelles une tarification
de la mobilité prenant en compte non seulement les kilomètres parcourus mais
aussi leur dépense d’énergie.

Cela ne résume bien entendu pas la stratégie des Verts en matière de mobilité, mais en constitue « l’un des nombreux fragments, comme dans une mosaïque », pour utiliser la jolie expression employée samedi par le conseiller national bernois Alec von Grafenried.
Nombre de questions restent encore à creuser, comme celle de la production d’électricité (comment sortir du nucléaire tout en consommant d’avantage d’énergie pour la mobilité?), mais il est important de donner un signal, et de tracer les lignes qui devront être suivies ces prochaines années pour réduire notre dépendance aux énergies fossiles et freiner autant que faire se peut le réchauffement climatique induit par les activités humaines.

C’est ce à quoi s’engagent par ce type d’initiatives les Verts suisses !

Pour conclure, quelques liens :

Vers la papier de position sur l’électromobilité adopté samedi par l’AD des Verts suisses.

Vers le papier de position des Verts suisses sur la mobilité en général

Et enfin vers un débat radiophonique sur cette thématique auquel j’ai eu la chance de participer