Ne pas vendre la peau de l’ours…

 

Souvenez-vous : les mauvais résultats des partis écologistes en Suisse et en Europe ces dernières années avaient amené journalistes, analystes et politiciens d’autres bords à annoncer avec plus ou moins de fracas la fin de l’écologie politique, devenue obsolète au vu de la reprise de ses thèmes par tous les partis.

Or que constate-t-on aujourd’hui ? Tout d’abord que les mauvais résultats de hier sont en partie à relativiser, car si des pertes importantes ont été enregistrées dans certains cantons ou régions, ailleurs les Verts – que ce soit en Suisse ou en Europe – ont progressé.

Et puis, et c’est sans doute le plus important, cette tendance à la baisse que certaines Cassandres jugeaient inéluctable semble avoir sérieusement du plomb dans l’aile.

La semaine dernière, c’étaient les Verts allemands qui fêtaient,  devenant le premier parti (30% des voix) dans une région de 13 millions d’habitants, le Bade Wurtemberg.

Aujourd’hui, ce sont les Verts vaudois qui ont le sourire aux lèvres, eux qui confirment leurs jolis résultats du premier tour des élections communales. Après avoir progressé de 20% dans les législatifs communaux, ils gagnent 4 sièges supplémentaires dans les exécutifs, faisant leur entrée à Prilly, Ollon, Orbe, Prangins et Lutry, et revenant après 5 ans d’absence à Moudon.

Quels enseignements en tirer :

Premièrement, que l’écologie politique n’est pas mourante, et reprend même des couleurs. Elle ne se cantonne par ailleurs pas aux quartiers branchés de Stuggart ou de Lausanne, puisque les verts ont fait ces deux dernières semaines d’excellents résultats également dans des zones plus rurales ou populaires, que ce soit ici ou en Allemagne.

Deuxièmement, qu’on ne s’improvise pas Madame Soleil de la politique. Les tendances lourdes ne se dégagent pas en un ou deux scrutins, et surtout, leurs causes sont généralement multiples et difficiles à cerner. L’un des principaux enseignements de la sociologie politique est justement qu’il y a autant de manières et de raisons de voter qu’il y a d’électeurs.
Prenons un exemple tout bête, celui des élections allemandes :
Les Verts ont comme je l’indiquais plus haut fortement progressé en Bade Wurtemberg. Le même jour, ils perdaient 5% des voix et s’effondraient en Rhénanie Palatinat, à quelques dizaines de kilomètres de là où ils triomphaient. Ce sont donc bien une multitude de facteurs locaux, qui vont des caractéristiques socio-démographiques de l’électorat à des événements régionaux qui expliquent un vote, et non une espèce de « main invisible » de la volonté populaire valable partout et tout le temps.
Les grandes phrases du type « les électeurs ont voulu montrer que… » ou « le peuple affirme ainsi sa volonté de… » que l’on entend à toutes les sauces les soirs d’élections n’ont ainsi pas vraiment de sens…
On peut bien sûr émettre des hypothèses, mais il faut bien des études et du temps pour essayer de les corroborer.

Je termine donc en énonçant une hypothèse, laissant au temps le soin de la corroborer : On a pas fini d’entendre parler des Verts, et ce à tous les échelons de la politique. L’écologie est en effet une question de réalisations concrètes, et non de promesses électorales…

 

 

2 réflexions au sujet de « Ne pas vendre la peau de l’ours… »

  1. Lâchons nos comm 😉

    Les Verts et les autres partis, vous seriez les plus écoutés et les plus forts si vous cessiez cette politique politicienne dont le citoyen lambda est lasse. Une politique que les journaux relaient, que les TV relaient, les petites, les grandes, sans aucunement se soucier de ce qui intéresse vraiment le citoyen, hormis celui qui est conscient depuis longtemps des conditions de sa survie sur la planète.

    Je pense que vos alliances sont un handicap à votre essor. Travailler ensemble, avec TOUS les partis, est une chose nécessaire sur le plan communal, cantonal et fédéral. Cela ne veut pas dire fermer les yeux sur des réalités. Et surtout sur les vôtres. Vous avez des idées louables, un intérêt commun, une belle idéologie, mais vous ne voyez la plupart du temps pas plus loin que votre bout du nez et manquez totalement de pragmatisme 😉 Excusez-moi cette expression, mais elle le reflet de vos alliances.

    Il faut que ces clivages cessent, ils sont obsolètes depuis bien longtemps et votre position doit rester ferme sur les sujets les plus importants, sans négliger une vision holistique des sujets qui vous sont propres. Je pourrais dire la même chose de tous les autres partis, moi qui n’adhère à aucun. C’est votre difficulté à travailler ensemble sans se renier, vos guéguerres entre différents partis qui font l’incroyable abstention de la plupart des élections.

    Prendre les meilleures idées là où elles sont, les faire réaliser par ceux qui ont le plus de pragmatisme pour le faire avec une vision globale, c’est la clé d’une réussite sociale, tout en étant attentif au goût du pouvoir qui permet tant de déviations.

    Vous auriez tout en mains pour devenir le parti du futur parce que de toutes façons, rien ne pourra se faire sans une conscience écologique. Mais vous vous sabotez, malgré quelques réussites dont on n’a pas encore conscientisé les effets à long terme et bien souvent déjà visibles sur les plans locaux, parce que comme tous les autres partis, vous n’anticipez pas les problèmes générés par des quantités de concepts écologiques, minergiques et de leurs coûts de santé et donc de déplacements, de coûts sociaux, de santé, d’écologie en général.

    Approfondissez votre conception de l’écologie en allant jusqu’au bout de vos concepts et en tenant compte de l’humain, de sa capacité à répondre à vos exigences, de lui donner les moyens de le faire sur le plan pratique, l’instruction et l’information nécessaire, si vous voulez un jour arriver à votre but.

    Prenez le mords au dents et montrez au citoyen que vous êtes capables de faire cela et de vous positionner de manière ferme, sans alliances qui ont démontré leurs effets négatifs depuis des années sous couvert de bonnes intentions.

    Et parlez au citoyen de manière claire, avec des projets étayés, chiffrés, datés, fiables et de manière simple et non sous forme de stratégie politicienne. Descendez sur le terrain, ce que personne d’autre ne fait, sauf au moment des élections et dans une seule rue, celle où seront aussi tous les autres.

    Prenez le risque de vivre les choses en situation, d’en référer sur les réseaux sociaux, de les montrer, bougez vous les fesses !

    Moi je ne vote que pour des projets et je me fiche totalement de quelle direction ils viennent pour autant qu’ils tiennent la route et qu’ils tiennent compte des besoins de citoyens.

    Ne sabotez pas l’avenir de cette planète en n’attirant à vous que des gros projets et en oubliant que les petits ruisseaux font les grandes rivières.

    Le Tigre a lâché son commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *