un acharnement incivil

 

Le Conseil fédéral a annoncé aujourd’hui sa volonté de durcir une nouvelle fois les conditions d’accès au service civil, sans doute effrayé par des chiffres qui montrent l’intérêt sans cesse croissant des jeunes conscrits pour ce système.
En 2016, on a ainsi vu 6169 personnes admises au service civil, contre 5836 l’année précédente.

Cette réaction pourrait faire rire par son absurdité, si elle n’était pas dramatique car symptomatique d’un gouvernement figé dans une vision du « service à la patrie » digne des guerres napoléoniennes.

Plutôt que de se battre contre le service civil, le Conseil Fédéral et la majorité bourgeoise qui appuie et incite ces politiques au parlement pourraient s’interroger sur les raisons de ce succès.

Qu’est-ce qui pousse ces milliers de jeunes aptes au service à choisir le service civil plutôt que son homologue militaire ? Est-ce la facilité et le caractère « douillet » du premier, comme le prétendent les casques à boulons de tous horizons ?

Rien n’est moins sûr, car à s’y pencher de plus près on voit que le quotidien d’un civiliste n’est de loin pas comparable à celui d’un pensionnaire d’un hôtel all inclusive de la Costa Brava.

Le civiliste doit tout d’abord effectuer une fois et demi le nombre de jours qui incombent à qui choisit le service militaire. C’est la fameuse « preuve par l’acte », qui le voit servir son pays 390 jours au lieu de 260.

Il doit répondre ensuite à un certain nombre de contraintes en matière de nombre de jours de service par année, de domaines dans lesquels accomplir son affectation ou encore

Il effectue surtout des tâches extrêmement utiles pour la société, en travaillant dans des EMS, auprès d’associations s’occupant de migrants, de jeunes en difficulté, ou encore pour des paysans de montagne, des réserves naturelles… La liste est aussi longue que variée, et même si tout n’est pas rose, je met quiconque au défi de prouver une prétendue inutilité ou inaction des civilistes.

Sans dénigrer l’armée et celles et ceux qui décident de s’y engager, je pense qu’il est temps de changer de paradigme, et d’inciter et valoriser le service civil, qui rend un sacré coup de main à bien des personnes dans le besoin, et participe plus ou moins modestement à rendre notre société et notre pays un peu plus agréables à vivre.

Quand le Conseil Fédéral et les partis bourgeois auront intériorisé cela, on aura fait un sacré pas en avant, mais le chemin semble malheureusement encore long et semé de casernes et de cours de repet arrosés à la feldschlossen.

Une réflexion au sujet de « un acharnement incivil »

  1. J’approuve cette réflexion. Le service civil permet en outre aux étudiants en master, d’approfondir et d’expérimenter leurs connaissances sur le terrain dans les matières choisies, ce que ne leur offrent pas les études basées uniquement sur un modèle universitaire unidisciplinaire, leur permettant ensuite de mettre ces connaissances à profit pour le bien de tous dans leur métier.

    Que ceux qui veulent s’engager à l’armée et jouer au « rambos » le fassent. Qu’on fiche la paix, enfin, à ceux qui privilégient une action efficace sur le terrain et pacifiste.

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