L’équation faussée d’Ecopop

L’initiative dite « Ecopop », sur laquelle les citoyennes et citoyens seront amenés à se prononcer dimanche 30 novembre 2014, base son argumentation sur une équation à prime abord simple :

Plus de personnes = plus de pollution et d’utilisation des ressources et donc, par syllogisme, Moins de personnes = moins de pollution et d’utilisation des ressources.

Partant de là, les initiants demandent que la croissance démographique en Suisse soit limitée à 0,2% par année (soit environ 16’000 personnes sur une population de 8 millions d’habitants), et que 10% des montants de l’aide au développement soient dévolus à la promotion de la planification familiale volontaire.

Le problème, c’est qu’au-delà le caractère xénophobe, isolationniste et vaguement néocolonialiste de cette initiative, l’équation de départ est fausse, ou en tout cas incomplète.

Car il n’y a pas de corrélation automatique entre l’augmentation de la population et celle de la pollution ou de la consommation de ressources.

Le cas de l’Allemagne est à cet égard édifiant : Le pays a perdu près de 300’000 habitants entre 2012 et 2013, alors que ses émissions de CO2 augmentaient de 2%[1].

À l’inverse, sur la même période, la population italienne augmentait quant à elle d’un peu moins de 300’000 unités[2], alors que les émissions de CO2 du pays se rétractaient de 5%.

Le problème n’est pas le nombre d’habitants d’un pays, ni leur augmentation, mais la manière dont ces derniers consomment, se logent ou se déplacent.

40 personnes habitant dans un immeuble de 4 étages occuperont moins d’espace au sol que 3 familles de 3 personnes habitant dans des villas individuelles.

30 personnes dans un bus émettront moins de CO2 pour se déplacer que 10 se déplaçant en voiture.

Et ainsi de suite…

Il est donc tout à fait juste de s’inquiéter de l’épuisement des ressources naturelles et de l’augmentation vertigineuse des émissions de gaz à effet de serre et d’autres substances polluantes.

Mais la solution ne réside pas dans le contrôle des naissances dans les pays en voie de développement,  ni dans la fermeture de nos frontières.

La solution, c’est de revoir nos modes de consommation, afin de réduire de manière durable et conséquente notre impact sur l’environnement.

Si chaque habitant de la Terre consommait comme un suisse, il faudrait l’équivalent de trois planètes pour subvenir à nos besoins. Or, jusqu’à preuve du contraire il n’y en a qu’une seule, et il est donc de notre devoir de la préserver.

Le 30 novembre ce sera donc  NON pour ma part à Ecopop, mais OUI à une remise en question fondamentale de nos modes de consommation.

 

 

[1] http://epp.eurostat.ec.europa.eu/cache/ITY_PUBLIC/8-07052014-AP/FR/8-07052014-AP-FR.PDF

[2] http://www.istat.it/it/popolazione

Point Godwin atteint

 

Il y a quelques jours, un parlementaire romand publiait sur son blog hébergé par un célèbre hebdomadaire de la place un article dans lequel il relate une discussion qu’il aurait eu avec un fonctionnaire fédéral.

Les propos peuvent être résumés de la sorte : L’UDC est en train de se transformer en parti fasciste, et si cela continue, la Suisse deviendra dans quelques années une dictature, dominée par un « führer » (le terme est vraiment utilisé dans l’article) qui imposera ses idées à un peuple soumis.

Alors bon, j’ai beau ne pas spécialement aimer les méthodes de l’UDC, notamment dans les campagnes électorales et les votations, et n’être d’accord avec à peu près aucun point de leur programme électoral fédéral(qui nie le réchauffement climatique, soutient à fond le nucléaire, prône un repli identitaire et le tout à la bagnole), mais je pense qu’il faut quand même pas déconner !

L’UDC est un parti politique tout autant attaché à notre système démocratique que les autres partis représentés dans les parlements cantonaux et fédéral.

S’il a joué sur les peurs et les frustrations d’une partie de la population de notre pays, via des campagnes électorales au goût pour le moins douteux et aux propos parfois choquants , il n’a jamais franchi les limites imposées par la Constitution, auquel il est je crois pouvoir dire tout autant attaché que les autres forces politiques.

Par respect pour celles et ceux qui ont vécu ou vivent dans des systèmes totalitaires, des termes tels que « fasciste », « caudillo », « Führer », « Conducator » etc. devraient être employés avec retenue, uniquement quand cela est nécessaire.

L’UDC n’a jamais dépassé la barre des 30% de voix au niveau fédéral, et rien ne porte à croire qu’il le fera un jour, vu que son potentiel électoral est estimé à maximum 40% de l’électorat (personnes qui votent ou qui pourraient envisager voter pour ce parti). Les échecs à répétition de l’ancien parti agrarien dans les élections à la majoritaire (que ce soit pour le Conseil des États ou dans des exécutifs communaux ou cantonaux) montrent par ailleurs que le parti crispe fortement une majorité des électrices et électeurs.

Il semble dès lors assez peu probable de voir une dictature s’installer par la voie des urnes… Et quand bien même l’UDC obtenait plus de 50% des voix, il ne s’agirait pas forcément du début d’une longue période de dictature. Dans de nombreux pays démocratiques le système électoral octroie une majorité de sièges à un seul parti, sans que cela n’amène au despotisme et à la répression des autres forces politiques.

La confrontation avec l’UDC doit avoir lieu – comme pour tout autre parti politique –  sur le terrain des idées, lors de débats, dans les parlements, les médias,  à l’occasion de campagnes électorales ou de votations, comme cela se fait dans une démocratie parlementaire.

Crier « vous gagnez et faites progresser vos idées parce que vous êtes de méchants fachos » ne va pas de nous mener bien loin, et risque au contraire de susciter une vague de sympathie pour un parti qui adore par ailleurs jouer les martyrs…

 

Le bandit manchot, nouveau méchant des Spaghetti Westerns ?


Malgré le titre aguicheur, il ne sera pas question ci-dessous de remakes de films de Sergio Leone, mais plutôt d’une problématique qui secoue la société italienne depuis plusieurs années : l’addiction d’un nombre toujours croissant de personnes – toutes classes sociales et âges confondus – pour les jeux de hasard.

Quiconque suit de près ou de loin l’actualité italienne est plutôt habitué à voir les gros titres des pages économiques des journaux annoncer le rachat d’une firme nationale par une multinationale étrangère. Dernière en date la compagnie aérienne Alitalia, dont l’actionnaire majoritaire devrait devenir tout soudain Etihad, compagnie nationale aérienne des Emirats Arabes Unis.

Or cette semaine une annonce a détonné dans ce cortège d’OPA. Le groupe italien GTech, leader mondial des jeux de loterie, a en effet racheté International Game Technology, une société américaine active dans le secteur des casinos et des jeux en ligne. Cette fusion crée la plus grande entreprise du globe en matière de jeux de hasard.
Comme je l’évoquais en préambule, ce n’est pas une coïncidence si l’un des seuls secteurs ou les entreprises italiennes sont concurrentielles, voire carrément au top est celui des machines à sous, tribolos et autres attrape-nigauds divers et variés.

L’Italie est en effet le 2ème pays au Monde en termes de diffusion des « giochi d’azzardo », comme on les appelle dans la langue de Dante, avec un chiffre d’affaire annuel qui en 2012 a frisé les 100 milliards d’euros (4,5% du total mondial pour 1% de la population).

Ce chiffre est en hausse constante (1700 euros par habitant en âge de jouer en moyenne) alors qu’à cause de la crise économique d’autres dépenses des ménages, comme celles en lien avec l’alimentation, sont en baisse constante.

S’ajoute à cela un phénomène encore plus inquiétant, celui de la main mise des mafias dans certains domaines liés au jeu, notamment les paris et les « vidéo pokers » des machines à sous très répandues dans les bars, permettant de jouer à ce jeu de cartes contre un ordinateur, et de perdre à tous les coups.

Peu de choses ont été faites jusqu’ici pour endiguer cette épidémie malheureusement fort lucrative pour les caisses de l’État.

Certains gérants de bars ont, après avoir vu des retraités ou des pères ou mères de famille se ruiner avec les machines à sous, décidé de les éteindre et de ne plus utiliser ce type d’appareils dans leurs établissements mais il s’agit là d’initiatives pour l’heure isolées.

Au niveau politique, le Mouvement 5 Étolies, dont les initiatives sont certes très discutables sur bien des points (j’y reviendrai dans un prochain article), est le seul à sembler vouloir agir concrètement.

Il a déposé l’année passée au parlement une motion visant à interdire les machines à sous dans les bars, pour les cantonner aux casinos (refusée sèchement par les autres partis de gauche comme de droite), et fait plusieurs propositions innovantes au niveau local, comme celle de limiter par décret communal les heures d’utilisation de ces appareils.

Tant que les jeux de hasard continueront à rapporter aux caisses de l’État près de 13 milliards d’euros par année il y a fort à parier qu’une action décidée des pouvoirs publics tardera à se faire entendre.

La dictature romande

Comme bien souvent lorsqu’il est question de votations, la carte de synthèse du vote sur l’achat des Gripen montre une Suisse plutôt divisée. Les cantons de Suisse Alémanique, à l’exception de Berne, Zurich, Schaffhouse et des deux Bâle ont voté majoritairement OUI, alors que le NON s’est imposé en Suisse Romande et au Tessin.

Une occasion de plus pour râler et se plaindre du  RöstiGraben qui, votation après votation, voit les romands minorisés sur toutes sortes de décisions ?

Et bien non, puisque cette fois c’est l’inverse qui s’est produit. Malgré un vote favorable d’une majorité de cantons, c’est le NON qui s’est imposé.

Le vote en faveur du NON a en effet été massif en Suisse Romande (74% dans le Jura, 69% à Neuchâtel, 65% dans le canton de Vaud etc.) alors que le OUI a été plus timide en Suisse Allemande, avec par exemple 52% en Argovie ou 50,7% dans les Grisons. Seuls les petits cantons de Suisse Centrale (Uri, Glaris etc.) ont passé la barre des 60% de OUI.

Le NON romand a donc débordé le OUI pâlot alémanique.

Prenons un exemple : Les  71’632 OUI excédentaires vaudois ( obtenus en soustrayant les votes négatifs au total des votes positifs enregistrés dans le canton) permettent de couvrir les NON excédentaires enregistrés à St-Gall (où le NON est en tête d’environ 7000 voix), dans les Grisons (écart de moins de 1000 voix entre le OUI et le NON) à Uri (écart de 3500 voix environ) ou encore d’Argovie (8’000 voix d’écart environ).

C’est plutôt rare, mais l' »imposition » d’une décision en votation par la Suisse Romande (dans ce cas aidée par quelques appuis de l’autre côté de la Sarine) à la Suisse Alémanique est aussi possible.

À noter que ce type de résultats se vérifie plus difficilement dans le cadre d’une initiative fédérale, puisqu’il faut dans ce cas obtenir la double majorité du peuple et des cantons, et là la voix d’un uranais a tout à coup bien plus de poids…

Les patates de la colère

 

En ces temps de campagne sur le salaire minimum, on parle beaucoup des coûts importants supportés par l’agriculture suisse, et donc ses difficultés à faire face à la concurrence internationale.

Il est effectivement vrai que l’on importe de plus en plus de denrées agricoles que l’on pourrait très bien produire en Suisse (céréales, fruits et légumes, œufs, viande), au détriment de nos paysans, dont le nombre diminue ne cesse de diminuer (plus de 1000 exploitations ont fermé leurs portes rien qu’entre 2011 et 2012).

Il urge donc de venir plus efficacement en aide à nos agriculteurs, dont le travail indispensable n’est souvent pas assez reconnu et soutenu.

Or est-ce vraiment en agissant sur les coûts de production que l’on va sauver ce qui peut encore l’être ?

Rien n’est moins sûr! La taille d’une exploitation moyenne en Suisse est d’un peu plus de 20 hectares  , contre par exemple plus de 55 hectares en France  ou 175 hectares aux Etats Unis , avec toutes les économies d’échelle que cela engendre. Le coût de la main d’oeuvre (parfois exploitée éhontément) et des normes souvent moins strictes en matière de qualité et de protection de l’environnement finissent de rendre les coûts de production agricole de la plupart des pays commerçant avec la Suisse bien plus bas que les nôtres.

Vouloir à tout prix rester compétitifs dans ce domaine voudrait dire baisser drastiquement nos exigences de qualité, voir nos cours d’eau et notre air moins propres, nos sols plus pollués, et nos agriculteurs pas plus riches. Le tout, sans forcément réussir à égaler les prix pratiqués par nos voisins européens.

Et si on prenait le problème autrement, et qu’on se disait que nos paysans n’ont pas à subir cette concurrence déloyale ? Pourquoi ne pas exiger des produits que nous importons les mêmes standards de qualité et de respect de l’environnement  que nous imposons aux producteurs suisses ?

C’est justement ce que proposent les Verts suisses avec l’initiative  » Pour des denrées alimentaires de qualité », dont la récolte de signatures devrait débuter dans quelques semaines.

Très concrètement, l’initiative aura des répercussions sur 5 grands domaines :

  1. bien-être des animaux : les prescriptions suisses en matière de protection des animaux doivent également s’appliquer aux produits importés, qui ne pourront plus provenir d’élevages intensifs.
  2. protection de l’environnement : l’initiative demande une amélioration des standards en vigueur, une production économe en ressources et occasionnant peu de transport.
  3. qualité des produits : les denrées alimentaires doivent être plus naturelles et plus saines, ce qui implique notamment de produire les composants des aliments transformés de manière écologique et dans le respect des animaux.
  4. proximité consommateur-producteur : l’initiative entend renforcer la commercialisation et la transformation de produits régionaux.
  5. conditions de travail équitables : l’initiative vise à encourager le commerce équitable.

Avec cette initiative, sur laquelle vous trouverez plus d’infos ici, c’est un paradigme qui change. Plutôt que de faire de la moins bonne qualité pour moins cher, essayons de garder sur nos tables des produits de proximité et de bonne qualité.

C’est à mon sens là que se trouve une bonne partie de la solution pour une agriculture suisse permettant aux producteurs de vivre dignement de leur travail et de payer convenablement leurs employés.

On nous fait (pas assez) marcher !

 

On parle beaucoup – et avec raison – de vélos lorsqu’il est question de mobilité douce. Les avancées en la matière (aménagement de pistes cyclables, de parkings à vélos etc.)  ont été nombreuses ces dernières années, ce qui est réjouissant.

On oublie pourtant parfois que la marche à pieds est également un moyen de déplacement écologique et bon pour la santé, qui mérite d’être incité tout autant que la petite reine.

Afin de voir bouger d’avantage les choses en la matière, j’ai déposé au Conseil communal de Renens le postulat suivant, transmis directement à la Municipalité :

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Municipaux, chères et chers collègues,

Par mobilité douce on entend les déplacements s’effectuant à la seule force musculaire humaine, que cela soit à pied, sur roues ou sur roulettes.

Si de nombreux efforts sont entrepris depuis des années pour rendre les villes plus agréables aux cyclistes, les déplacements à pieds restent trop souvent oubliés des politiques publiques.

À l’heure ou la part des suisses en surcharge pondérale a passé le seuil des 40%, et ou les normes quant à la pollution de l’air sont régulièrement franchies dans nos agglomérations, la marche à pied semble représenter un moyen de déplacement avantageux pour :

·         La planète et l’air que nous respirons, avec la réduction de rejets de particules fines et gaz à effet de serre.

·         La  santé, vu qu’il s’agit d’une activité physique à part entière.

·         Le  porte-monnaie vu qu’il s’agit d’un mode de déplacement totalement gratuit.

·         La vie sociale car les déplacements à pied permettent de renouer des contacts avec sa rue ou son quartier.

Par ce postulat je demande donc à la Municipalité d’étudier diverses mesures permettant d’inciter les habitant-e-s de la commune, tout comme d’ailleurs toute personne transitant par le territoire communal à se déplacer à pied.

Cela pourrait par exemple passer par :

          La mise en place d’une signalétique indiquant la direction et le temps de parcours à   pieds entre différents points de la ville (par exemple : gare – ECAL ; Place du Marché – Salle des spectacles etc.)

        Des mesures ponctuelles et concrètes d’amélioration des conditions de circulation pédestre du point de vue de la sécurité (notamment les passages piétons), de la continuité du réseau et de l’accessibilité de celui-ci par tou-te-s, avec par exemple l’aménagement de zones de repos (bancs) pour les personnes âgées.

–            Le développement du réseau de pédibus.

          Une campagne de communication, par exemple par le biais de Carrefour Infos, vantant les mérites de la marche à pied.

 

 

 

Tu quoque Matteo ?

 

Une fois n’est pas coutume j’aimerais sortir du cadre valdo-fédéral dans lequel se placent généralement les billets de ce blog, afin de résumer et commenter ce qu’il se passe de l’autre côté des Alpes, où les gouvernements se suivent à une vitesse presque comparable à celle des entraineurs du FC Sion…

Commençons par un bref résumé des épisodes précédents :

Les élections de février 2013 ont – système proportionnel et loi électorale mal fichue  obligent – donné naissance à un parlement sans majorité, avec néanmoins une légère avance pour le centre-gauche.  

Après d’âpres négociations, un gouvernement de coalition centre-gauche/centre-droite a vu le jour en avril, reléguant à l’opposition les alliés traditionnels des deux pôles, comme la Lega (droite populiste) et SEL (Extrême-gauche avec un certain penchant pour les causes environnementales) ainsi que le Mouvement 5 étoiles de Beppe Grillo, grande surprise des élections avec son score de plus de 20%.

Happy end donc ? Eh bien non, car ce gouvernement n’aura pas tenu une année, fauché il y a quelques jours par l’ambition débordante de Matteo Renzi, Maire de Florence et depuis peu Secrétaire (l’équivalent suisse d’un Président) du Parti Démocrate, principale formation de centre-gauche.

Renzi – qui fait depuis des années la une de journaux pour ses propos critiques vis-à-vis de la classe politique et plus particulièrement des caciques de son parti, qu’il rêvait de « rottamare », ou « mettre à la casse » – a réussi son pari.

Il a rallié à lui une forte majorité des députés de sa formation, et plus particulièrement l’aile centriste, et a poussé à la démission Enrico Letta, Premier Ministre également membre de son parti. Pour ce faire, il a prétexté le besoin urgent (et avéré) de réformes pour un pays en récession depuis près de 3 ans, réformes qui nécessitaient une nouvelle équipe gouvernante.

Aussitôt dit, aussitôt fait, Renzi a obtenu la charge de la part du Président de la République de former un nouveau gouvernement, qu’il vient de présenter.

À prime abord, que du bon : Une équipe jeune (9 ministres sur 18 ont moins de 50 ans, 4, y compris Renzi, moins de 40) et mixte (parité parfaite hommes-femmes, avec des ministères importants tels que la santé, la défense et l’instruction en mains féminines) réunissant des partis capables de former une coalition gouvernementale stable.

Pourtant, quand on y regarde de plus près, c’est l’étonnement, voire la consternation qui prennent le relais. À part quelques ministres expérimentés, la nouvelle équipe est composée de novices – ce qui est normal me direz-vous s’il s’agit de « jeunes » – n’ayant souvent pas de compétences spécifiques dans leur nouveau domaine d’activités.

Le cas du nouveau ministre de l’environnement est à cet égard frappant : Gian Luca Galletti, 52 ans, membre du parti centriste (et presque disparu du panorama politique aux dernières élections) UDC (rien à voir avec nos agrairiens, je vous rassure). Un diplôme en économie d’entreprise, un passé de conseiller communal à Bologne et quelques années au parlement national sans siéger dans aucune commission touchant de près ou de loin à l’écologie. Aucune compétence particulière en matière d’environnement, aucun intérêt démontré pour ces thématiques (sur la soixantaine d’objets parlementaires qu’il a signés ou co-signés depuis 2008, un seul a trait à l’environnement).

C’est un exemple, il y en a malheureusement bien d’autres.

Qu’on se comprenne bien : je ne suis pas favorable à un gouvernement de technocrates experts en leur domaine d’activité. Il y a cependant des limites, et un minimum d’intérêt et de connaissances sur son nouveau domaine d’activités semblent un pré-requis indispensable pour la mise en place de politiques ambitieuses et efficaces.

Si l’on ajoute à cela la manière fort peu cavalière dont nombre d’anciens ministres ont été congédiés (plusieurs, dont la très populaire ministre des affaires étrangères Emma Bonino, ont appris leur révocation en lisant le journal, personne n’ayant daigné les prévenir) et les animosités que cela a créé à gauche comme à droite, ainsi que l’opposition féroce des partis hors coalition auquel sera confronté le nouveau gouvernement, on peut se demander qu’elle sera sa durée de vie…

Les défis à relever pour Renzi et son équipe sont nombreux. Il y a la révision du système électoral, demandée par tous les partis, mais avec des exigences diamétralement opposées. Il y a la réforme du marché du travail, avec comme but principal de réduire le chômage, notamment chez les jeunes. Il y a également le chantier de la refonte du système d’imposition et de la lutte contre l’évasion fiscale.

Ces défis sont les mêmes que ceux qu’Enrico Letta avait promis de relever avec succès en avril 2013. 10 mois plus tard, le voilà démis de ses fonctions avec un bilan pour le moins maigre… Matteo Renzi saura-t-il réussir là où son prédécesseur a échoué ? Rien n’est moins sûr.

Ce que l’on sait, c’est que Silvio Berlusconi a dit se préparer à un vote dans une année. Et s’il est une chose que l’on ne peut lui reprocher, c’est de manquer de flair politique…

Des francs et des larmes

 

Il n’est pas rare de lire dans la presse les résultats de telle ou telle étude chiffrant les coûts de telle ou telle pathologie ou comportement problématique.

Ainsi en juin 2010 les médias relayaient une étude qui présentait les coûts des maux de dos pour l’économie, alors que plus récemment c’était au tour des violences conjugales d’être quantifiées monétairement.

J’avoue que cette manière de faire m’a toujours particulièrement choqué.

Si la scoliose ou les dépressions contribuaient à faire progresser notre PIB et la productivité des entreprises, devrait-on s’en réjouir ?

En cherchant à mettre de la sorte des chiffres sur la douleur humaine, on finit par la dénaturer, et on oublie que derrière ces millions de francs perdus par l’économie il y a des milliers de personnes qui souffrent.

On ne devrait ainsi pas agir contre le mal de dos parce qu’il engendre des frais pour les entreprises, mais parce qu’il fait souffrir et handicape des travailleurs et travailleuses.

Et il ne convient pas d’investir dans la prévention contre l’obésité par celle-ci est responsable de plusieurs milliards de coûts par année, mais pour garantir aux personnes susceptibles d’en être atteintes de meilleures conditions de vie.

On me dira qu’il est plus facile de parler en termes de francs, qui sont une unité objective et tangible, qu’en termes de sentiments ou de douleur physique, notions plus difficiles à définir et estimer.

Certes, mais n’oublions pas que l’objectif de ces politiques doit rester l’amélioration de la qualité de vie, et non l’efficacité économique.

ça semble logique, mais on dirait que certains l’oublient parfois…

 

 

Pour le droit des berlingots à être recyclés !

 Le texte d’un postulat, ensuite transformé en interpellation, que j’ai déposé jeudi 14 novembre au Conseil communal de Renens, au sujet du développement de nouvelles filières de recyclage, notamment pour les emballages en carton pour les boissons, ainsi que pour les plastiques hors PET et PE.

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Municipaux, chères et chers collègues,

 

Notre canton s’est fixé des objectifs ambitieux en matière de recyclage des déchets. L’Agenda 21 cantonal prévoit ainsi un taux de recyclage de 60% pour 2025, contre environ 45% aujourd’hui.

La taxe au sac, qui a fait couler beaucoup d’encre et de salive dans le passé récent, relève clairement de cette volonté, et semble, au vu des premiers chiffres fournis par les communes ayant introduit ce système, porter ses fruits.

Le quotidien 24Heures nous informait ainsi fin juin de ce que le volume des déchets incinérables récoltés dans le canton avait diminué de 30% depuis le 1er janvier 2013, date d’entrée en vigueur de la taxe dans de nombreuses communes vaudoises.

À Renens ces chiffres sont encore plus spectaculaires, puisque l’on pouvait lire dans le numéro de septembre de Carrefour Info que la baisse du tonnage des ordures constatée depuis le 1er juillet était de 40%, avec notamment un doublement de la quantité de déchets organiques récoltés, ainsi qu’une augmentation de 20% pour ce qui est du papier et du carton.

Ces chiffres sont encourageants, mais doivent être lus avec prudence, car l’expérience d’autres cantons montre qu’après une phase de forte croissance du taux de recyclage, celui-ci tend à se stabiliser à un niveau plus bas qu’initialement constaté.

Il est donc essentiel de continuer les efforts pour développer les filières de tri des déchets et les points de collecte, afin d’atteindre de manière durable les objectifs fixés par le canton.

Ainsi, si l’on peut trier désormais sans problèmes alu, fer blanc, papier, déchets organiques, piles et PET, certains déchets pourtant facilement recyclables finissent toujours obligatoirement dans nos poubelles, aucune collecte séparée ne leur étant destinée.

C’est notamment le cas des emballages en carton pour boissons, que l’on appelle communément « berlingots » dans nos contrées.

Pour d’autres, comme les emballages en plastique hors PET (qui d’après une étude de l’Office Fédéral de l’environnement datant de 2003 représentent 15% des déchets des ménages), des points de collecte existent dans certaines déchèteries, mais une fois récoltés ceux-ci finissent le plus souvent incinérés, faute de filière de recyclage.

En février 2012, dans une réponse très complète à un postulat de Mme la Députée Michèle Gay-Valoton traitant de l’évolution des procédés et des coûts d’élimination et de la valorisation des déchets, l’administration cantonale soulignait que la cause de cette absence de recyclage était avant tout imputable au manque de filières adaptées.

Or les choses bougent peu à peu en la matière, et certains grands distributeurs ont annoncé réfléchir à une récolte de divers types de déchets plastiques en vue du recyclage de ces derniers.

Il semble urgent que les communes, à qui la loi confie la tâche de la gestion des déchets, s’intéressent aussi à la mise en place de ces nouvelles filières de recyclage.

Nous souhaitons donc demander à la Municipalité d’étudier,  en collaboration avec les autres communes actionnaires de la société de gestion des déchets VALORSA, ainsi que tout autre partenaire institutionnel ou non qu’elle jugera utile :

    Le développement d’une filière de recyclage des déchets plastiques hors PET et PE, notamment les emballages en plastique bien présents dans les déchets ménagers.

 

       Le développement d’une filière de recyclage des emballages en carton pour boissons.

 

       La mise en place d’un réseau de points de collecte efficace pour ces nouveaux matériaux recyclables.

 

 

En voiture (électrique) Simone

 

Quelles véhicules voulons-nous voir rouler sur nos routes dans 37 ans ?

La question semble quelque peu farfelue, bien loin de nos préoccupations quotidiennes ou même des combats politiques qu’il urge de mener.

Pourtant, lorsque l’on sait que les transports sont à la base de plus du tiers de nos émissions de gaz carbonique, et que les particules fines sont responsables de    la mort de plus de 3000 personnes chaque année en Suisse , il semble moins saugrenu de se la poser.

C’est d’ailleurs ce qu’on fait les Verts suisses lors de leur dernière assemblée des délégués, samedi 9 novembre à Zurich, en adoptant un papier de position intitulé « Protection du climat : Plan d’action électro-mobilité ».

Si l’objectif reste toujours de réduire la proportion du trafic individuel motorisé en le remplaçant par les transports en commun et la mobilité douce, il ne faut pas se voiler la face : une part de nos déplacements continuera à se faire en voiture. Certains lieux resteront toujours peu ou pas connectés aux réseaux de transports en commun, et une partie de la population continuera de faire le choix de la mobilité individuelle.

Cela n’est pas incompatible avec l’objectif ambitieux que se sont fixés les Verts suisses – à savoir réduire à 0 les émissions de CO2 produites par les voitures privées d’ici à 2050 – pour autant que l’on y mette les moyens.

Les Verts suisses souhaitent en effet que l’entier du parc automobile du pays soit composé de voitures électriques d’ici au milieu du siècle.

Pour y arriver, les Verts demandent notamment:

1. Un objectif climatique ambitieux pour les voitures neuves (diviser par deux les émissions de CO2 par km d’ici à 2020).

2. Un bonus pour les véhicules électriques financé par un relèvement de l’impôt sur les
véhicules importés. Cet impôt doit être lié à des bons pour du courant vert.

3. Davantage de places de parc pour voitures électriques avec bornes de chargement
en courant vert par la transformation des places de stationnement existantes. Pour
les places de stationnement de courte durée, il faudra prévoir des postes de recharge
rapide.

4. L’amélioration du label automobile: les voitures électriques efficaces doivent obtenir
une note A+. De plus, les étiquettes doivent indiquer les frais d’entretien à prévoir,
plein d’essence et recharge en électricité inclus.

5. Une réduction de la charge écologique: les mesures de soutien sont complétées de
manière à prendre en compte la pollution provoquée par les piles, les véhicules et la
production d’électricité.

6. Le mobility-pricing: pour réduire globalement la mobilité et la gérer de manière ciblée,
il faut introduire rapidement pour toutes les voitures individuelles une tarification
de la mobilité prenant en compte non seulement les kilomètres parcourus mais
aussi leur dépense d’énergie.

Cela ne résume bien entendu pas la stratégie des Verts en matière de mobilité, mais en constitue « l’un des nombreux fragments, comme dans une mosaïque », pour utiliser la jolie expression employée samedi par le conseiller national bernois Alec von Grafenried.
Nombre de questions restent encore à creuser, comme celle de la production d’électricité (comment sortir du nucléaire tout en consommant d’avantage d’énergie pour la mobilité?), mais il est important de donner un signal, et de tracer les lignes qui devront être suivies ces prochaines années pour réduire notre dépendance aux énergies fossiles et freiner autant que faire se peut le réchauffement climatique induit par les activités humaines.

C’est ce à quoi s’engagent par ce type d’initiatives les Verts suisses !

Pour conclure, quelques liens :

Vers la papier de position sur l’électromobilité adopté samedi par l’AD des Verts suisses.

Vers le papier de position des Verts suisses sur la mobilité en général

Et enfin vers un débat radiophonique sur cette thématique auquel j’ai eu la chance de participer