Colloque sur la pierre de la Cathédrale de Lausanne

(source: http://www.patrimoine.vd.ch/no_cache/monuments-et-sites/eglises/cathedrale-de-lausanne/)

Comme je m’y étais engagé, un colloque international public a été organisé, en collaboration avec l’UNIL, les 14 et 15 juin 2012 afin de débattre de la meilleure approche pour l’entretien de ce monument emblématique et d’importance nationale. S’agissant d’un édifice bientôt millénaire, soumis aux déprédations du temps et aux modes, le débat est loin d’être clos. Présent lors de la seconde journée, il m’a semblé que les tensions étaient en train de se résoudre entre les tenants d’un conservatisme absolu et ceux raisonnent à l’échelle séculaire et des cycles de rénovation du monument.

Suite à la polémique née autour de l’entretien de la Cathédrale de Lausanne, relayée par une pétition adressée au Grand Conseil, le Conseil d’Etat avait adopté en mai 2009 un Charte pour la conservation de la Cathédrale de Lausanne (voir la Charte du Conseil d’Etat, pdf 20 Ko).

Cette charte, qui s’appuie sur les conventions internationales auxquelles la Suisse a souscrit, pose le principe d’un entretien régulier de l’édifice. L’idée d’un atelier permanent consacré à la conservation y figure implicitement.

Au cours des deux derniers siècles, la conservation du monument s’est plutôt faite par vagues successives de grands travaux, en sorte que la Cathédrale a rarement été visible sans être affublée d’imposants échafaudages. Entre ces périodes de travaux intenses, la dégradation de la pierre a parfois été telle que d’importants éléments structurels ont dû être remplacés intégralement, comme ce fut le cas pour la tour lanterne ou les arcs-boutants.

Deux parties de l’édifice n’ont pas été touchées depuis plus de deux siècles: la tour dite inachevée et le choeur. L’objectif du colloque international était de poser un cadre multidisciplinaire solide avant d’entamer cette nouvelle phase de grands travaux.

Parallèlement, il s’agissait de savoir comment planifier à long terme l’entretien courant du monument, avec le souci d’une bonne utilisation des deniers publics. En attendant, le Conseil d’Etat a présenté au Grand Conseil – qui l’a accepté le 1er mai 2012 – une demande de crédit de CHF 3’040’000.- pour permettre diverses interventions urgentes en toiture et sur les ferblanteries pour prévenir une dégradation de l’édifice (voir l’exposé des motifs et projet de décret de décembre 2011, pdf 208 Ko).

Pour ma part, je reste songeur en pensant que le « socle de la cathédrale » en pierre calcaire dure se compose entièrement d’éléments récupérés dans le forum romain de Nyon vers 1250. Une origine attestée, il y a peu, par les archéologues. Il me semble que cette histoire – ici, avec un grand H – nous invite à réfléchir au juste rapport que nous devons avoir avec notre patrimoine…

 

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