H144: une réalisation conforme aux objectifs du développement durable

(Source: http://www.vd.ch/themes/mobilite/routes/projets-routiers/h144-rennaz-les-evouettes/)

On inaugurait hier la nouvelle route Rennaz – Les Evouettes, la célèbre H144. Côté vaudois, il appartenait à la nouvelle Cheffe du département, Nuria Gorrite, de couper le ruban. Elle l’a fait – avec élégance et conviction! – en présence de ses prédécesseurs, tous là. Dans l’ordre chronologique: Marcel Blanc (UDC), Daniel Schmutz (PS), Philippe Biéler (Verts) et moi-même. On a beaucoup parlé de la très longue histoire de ce tronçon (plus de 50 ans!), mais peu des qualités de cette réalisation qui concrétise les objectifs du développement durable. Pourtant, ce projet, que j’ai voulu exemplaire, va avoir à maints égards des retombées positives sur l’entretien et le développement du patrimoine routier vaudois.

La question principale de l’opportunité, du tracé et des mesures de compensation écologiques était un acquis de Philippe Biéler, que j’ai reçu en héritage. Il m’appartenait de réaliser l’ouvrage en respectant les trois piliers du développement durable: responsabilité environnementale, solidarité sociale, efficacité économique.

Au chapitre écologique, outre le suivi environnemental tout au long du chantier (voir H144_Mesures_ecologiques, pdf 32 Ko), la H144 aura été un véritable laboratoire permettant d’aller le plus loin possible dans l’utilisation de matériaux recyclés et des techniques économes en énergie.

Le plus gros défi était certainement d’organiser l’apport de 150’000 m3 de remblais (environ 15’000 camions!) par des matériaux d’excavation issus des chantiers de la région. Dès le lancement du projet, l’Etat de Vaud a mis sur pied une bourse aux matériaux d’excavation (BOUME) permettant de mettre en relation des offres et des demandes – publiques et privées – à l’échelle cantonale, évitant la mise en décharge de matériaux utilisables et l’extraction de graves « neuves » et coûteuses. Alors que la H144 est terminée, j’ai découvert avec une immense satisfaction que la bourse continue à fonctionner et qu’on y trouve de plus en plus d’offres et de demandes (45 lots proposés en ligne le 08.11.12).

Quant aux revêtements bitumineux, la couche de fondation est entièrement constituée de matériaux recyclés et la couche de roulement incorpore un maximum de recyclé suivant une méthode de pose « à tiède ». C’est la première fois que le service des routes se laisse tenter par cette méthode qui permet d’économiser beaucoup d’énergie, tout en réduisant les émissions polluantes qui se dégagent lorsque le bitume est chauffé à plus de 140 degrés. Nul doute que, sur la base de cette expérience, les chantiers futurs du service des routes – voire les projets routiers d’autres cantons et communes – recourront systématiquement à ces technologies nettement moins dommageables pour l’environnement.

Du point de vue du pilier social, la première démarche a consisté à prêter une grande attention à la qualité architecturale et à l’intégration paysagère du projet. Pour la première fois, un concours d’architecture a été lancé pour les trois ouvrages d’art (pont sur l’A9, pout sur le Grand Canal et surtout pont sur le Rhône). Et franchement, le résultat est remarquable. Cette route a vraiment de la gueule et montre que le béton n’est pas nécessairement un corps étranger dans le paysage. J’ai en outre la conviction que ce souci de qualité n’entraîne pas un surcoût et qu’il peut même conduire à des économies. C’est le cas en particulier du magnifique pont rouge, teinté dans la masse, et qui ne devra de ce fait pas être repeint tous les 15 ou 20 ans.

J’ai surtout voulu que ce chantier soit exemplaire du point de vue de la sécurité des ouvriers et de leurs conditions de travail. Le respect de la convention collective de travail (CCT) faisait bien sûr partie des conditions de l’appel d’offre et les efforts de l’entreprise dans le domaine de la formation des apprentis, de la formation continue ou encore de l’égalité entre les femmes et les hommes constituaient des critères d’évaluation de sorte à compenser un prix possiblement plus élevé. Malheureusement, bien que j’aie annoncé aux adjudicataires que des contrôles auraient lieu, ces engagements n’ont pas empêché une entreprise avec pignon sur rue de sous-traiter des travaux de ferraillage à une société ayant recours à des travailleurs au noir! Pour la première fois dans l’histoire des marchés publics vaudois, j’ai prononcé une sanction de CHF 60’000.- contre l’entreprise adjudicatrice et pas uniquement contre le petit sous-traitant. Le Tribunal fédéral ayant confirmé, cet été, le bienfondé de la sanction, le chantier de la H144 aura probablement marqué un tournant dans la lutte contre le travail au noir qui gangrène le secteur de la construction depuis de nombreuses années (voir http://blogs.verts-vd.ch/marthaler/2012/lutte-contre-le-dumping-social-le-tf-moffre-un-cadeau-de-depart/).

Enfin, au plan de l’efficacité économique, on peut relever que le découpage du chantier en lots (pour les études et les travaux) a permis aux entreprises de taille moyenne de participer au chantier. Par ailleurs, le Contrôle cantonal des finances a suivi, tout au long de ce chantier de CHF 118 mios, la bonne utilisation des deniers publics.

Alors, hier, les collaborateurs du Service des routes pouvaient bien être fiers de cette réalisation exemplaire! Je partageais cette fierté avec eux et j’ai eu l’occasion de le leur dire de vive voix. A l’exact opposé de l’idée que l’on peut se faire parfois des fonctionnaires, j’avais en face de moi des « entrepreneurs » motivés à relever de nouveaux défis et à s’investir pour la collectivité. C’est au fond mon plus grand motif de satisfaction!

Pour en savoir plus sur le développement durable au Service des routes: http://www.vd.ch/fileadmin/user_upload/themes/environnement/developpement_durable/publications/jalons_10-dd_au_service_des_routes_2012_150dpi.pdf

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