Rôle de l’Homme dans le changement climatique: l’Union pétrolière reconnaît

(source http://www.erdoel-vereinigung.ch/fr/erdoelvereinigung/Publikationen/evinside/upinside1201.aspx)

Dans le dernier numéro de sa publication Inside (1/2012), l’Union pétrolière suisse diffuse un article intitulé « Du nouveau à propos du changement climatique et du rôle de l’homme ». A la lecture du titre, je me suis dit qu’il devait certainement s’agir d’une nouvelle « révélation » de Claude Allègre ou de l’un de ses rares supporters. A mon plus grand soulagement, fondée sur des études conduites par l’EPFZ, l’Union pétrolière constate la prééminence des causes anthropiques du réchauffement de la planète.Selon un communiqué de la NASA, 2011 aura été la neuvième année la plus chaude depuis le début des relevés de températures en 1880. Ainsi, neuf des dix années les plus chaudes ont été mesurées au cours des 11 premières années du XXIe siècle. « Toutefois, les températures stagnent depuis près de dix ans, ce qui alimente, ces derniers temps, le scepticisme non seulement quant aux prochaines évolutions de température, mais encore quant aux contributions anthropiques au réchauffement climatique ».

Cette récente stagnation de température serait notamment imputable à la faible activité solaire remarquée depuis quelques années. Elle ne permet cependant pas de tracer des perspectives quant à l’évolution future du climat. D’autant moins que l’intensité des éruptions solaires répond à des cycles d’une dizaine d’années et devrait augmenter ces prochain temps.

Les modèles de description du climat et de répartition des températures dans l’air et dans les mers ne cessent de se perfectionner. On peut ainsi comparer des résultats théoriques – selon la méthode d’empreinte digitale optimale – et les mesures effectives de température. L’écart donne la mesure de l’influence des émissions humaines de gaz à effet de serre.

Le constat fait par les chercheurs zurichois est sans appel: la contribution des gaz à effet de serre à l’élévation de la température est évaluée à 0,85 degrés Celsius depuis 1950. De cela toutefois, la moitié environ a été compensée par l’action réfrigérante des aérosols, d’où un réchauffement global moyen de 0,56 degrés Celsius.

Conclusion de l’Union pétrolière: « Selon les scientifiques, ces résultats confortent, ensemble avec des analyses d’empreintes digitales et des recherches paléoclimatiques, la thèse que les activités humaines ont contribué pour une large part à l’élévation des températures observées depuis l’industrialisation« .

Cette honnêteté intellectuelle mérite d’être saluée. D’autant que les distributeurs de produits pétroliers n’ont pas intérêt à diffuser toute information susceptible d’induire des changements de comportement profitables à la planète…

Mais là encore, l’Union pétrolière semble se réjouir du recul des ventes de mazout de 9,8% en un an. Il est vrai que ce recul est essentiellement imputable aux températures clémentes enregistrées en 2011 par rapport à l’année précédente (les degrés-jours ont diminués de 18,1%). Les ventes d’essence reculent même de 3,9%. Mais, pour le reste, les affaires se portent bien. La consommation de diesel a augmenté de 2,7% et celle du kérosène de 6,6%.

Malgré cet esprit critique concernant les causes du réchauffement climatique, l’Union pétrolière délivre un message encourageant pour la consommation de produits pétroliers et les émissions de gaz à effet de serre. Elle constate avec flegme – pour ne pas dire enthousiasme – que « les réserves mondiales confirmées de pétrole se sont accrues par rapport à l’année précédente, de 3,6% en 2011, alors que la production est restée quasi stable ». Pourtant, le caractère scientifique de ces chiffres est sujet à caution (voir http://www.peakoil.net/headline-news/peak-oil-is-real-and-will-stunt-any-economic-recovery). Doit-on prendre pour argent comptant le fait que l’Irak augmente ses réserves prouvées de +24% en un an, et l’Iran de +10%? Plus que jamais, je plaide en faveur de l’institution d’un groupe d’experts indépendants pour documenter scientifiquement l’évolution de ces réserves – sur le modèle du GIEC pour le climat – afin de permettre aux autorités politiques de gérer l’inéluctable sortie du pétrole, principal défi du XXIe siècle (voir http://blogs.verts-vd.ch/marthaler/2007/il-faudrait-creer-un-groupe-dexperts-intergouvernemental-sur-le-pic-petrolier/).

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