Un engagement pour le développement durable qui ne s’arrêtera pas le 30 juin

(source: http://www.rts.ch/info/suisse/3429449-francois-marthaler-ne-se-representera-pas-en-2012.html)

Quel immense plaisir! En ce 1er avril mémorable, les Vaudoises et les Vaudois viennent de confirmer la représentation des Verts au sein du Gouvernement et la nouvelle majorité issue de l’élection complémentaire du 18 décembre 2011. Heureux d’avoir réussi à transmettre ainsi le flambeau à Béatrice Métraux, je m’approche sereinement de la fin de mon mandat. Mais pas de la fin de mon engagement pour le développement durable.

Un engagement qui commence à être reconnu. « Bilan vert du ministre le plus spécialisé dans le développement durable de toute l’histoire politique suisse », titre l’Illustré du 29.02.12. L’appréciation est certainement trop flatteuse. Pourtant, c’est bien la vision du développement durable qui me motive depuis 30 ans et qui continuera à me motiver au delà des presque neuf ans passés au Conseil d’Etat vaudois. Derrière le « slogan » se cache une autre manière d’aborder les questions politiques.Le concept de développement durable s’accomode mal des traditionnels antagonismes gauche-droite (ce qui ne m’empêche pas d’avoir toujours eu le coeur à gauche!). L’exigence d’un équilibre des trois piliers – économique, social et environnemental – est en effet assez simple et défendable à gauche comme à droite: un progrès sur l’un des piliers ne saurait se faire au détriment d’un autre. Sous peine de voir l’édifice se lézarder et finalement s’effondrer.

Un accroissement du produit intérieur brut sera vain s’il se traduit par un accroissement des inégalités sociales et une destruction de la planète. De même, la protection des milieux naturels ne peut se concevoir dans la durée si elle n’est réservée qu’aux pays riches et conduit à une exportation des nuisances (cf. déchets toxiques enfouis n’importe où).

Qu’il s’agisse de la croissance exponentielle de l’économie, de l’effondrement de la biodiversité, de l’épuisement des ressources non renouvelables ou de l’accélération des inégalités dans la répartition des richesses et l’accès aux ressources, les dynamiques à l’oeuvre depuis une cinquantaine d’année ne peuvent perdurer sur plus d’une ou deux générations. Ces constats ne peuvent que faire douter de la capacité des Hommes à assurer leur avenir. Face à cela, deux attitudes sont possibles: le déni (le progrès technique trouvera une fois de plus les solutions) ou le catastrophisme (celui des « aquoibonistes », pour reprendre le joli terme de Serge Gainsbourg).

Le développement durable postule au contraire qu’il existe quantité de projets et d’idées sur l’organisation de la société qui permettent d’atteindre simultanément un accroissement de l’efficacité économique, une plus juste répartition des richesses et une protection des ressources naturelles. Pour illustrer le propos – tout en retraçant les combats dans lesquels je me suis engagé – « réparer plutôt que jeter », économiser l’énergie et promouvoir l’utilisation des matières premières renouvelables constituent de bons exemples. Des exemples qui font l’unanimité, à gauche comme à droite, et qu’il est dès lors possible de multiplier à l’envi dans les années qui viennent…

Il me semble que tout ce que j’ai entrepris à la tête du département des Infrastructures répond à cette même exigence de durabilité. J’ai même le sentiment que la plupart des collaboratrices et collaborateurs du département poursuivront sur cette voie après le 30 juin 2012. Ce sera alors ma plus grande source de satisfaction.

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