Imprimer une maison en 3D (2)


(source: www.archdaily.com)

On vit vraiment une époque formidable! L’accès libre aux technologies open source et open hardware stimule l’imagination. Et les réalisations qui en découlent stimulent à leur tour l’inventivité d’autres créateurs-artistes-chercheurs…

Construire un immeuble avec des modules en matière plastique imprimés avec une imprimante 3D géante pourrait apparaître comme un gadget original et amusant, une mode passagère ou un « truc d’architecte en manque de notoriété ». J’ai au contraire la conviction que l’accès libre aux technologies innovantes devrait libérer des compétences créatrices et modifier radicalement le rapport à notre environnement naturel et construit.

 

A condition toutefois que les architectes sachent intégrer la notion révolutionnaire de l’open source:

  • ce qui est à moi est à tout le monde;
  • je suis libre de copier tout ce qui a été conçu dans cet esprit;
  • il est inutile de réinventer la roue, mais je suis implicitement invité à l’améliorer;
  • mes droits de propriété intellectuelle ne s’appliquent qu’aux améliorations que je suis capable d’apporter à une création (souvent collective) existante.

Pour en revenir au cas particulier de la maison « Lego », l’idée prend une autre dimension lorsqu’elle est associée au projet d’installation de recyclage local de matières plastiques imaginée par un membre de la section allemande de Open Source Ecology Europe qui propose les plans d’une petite installation de recyclage des matières plastiques. Un broyeur (mû par une système à manivelle démultiplié mécaniquement!) suivi d’une extrudeuse qui produit… un fil de matière plastique recyclée calibré, baptisé Filamaker, pour l’imprimante 3D open hardware (Reprap)!

A partir de là, on peut imaginer une ville qui se développe en utilisant les déchets plastiques – ou d’autres matériaux recyclés – « produits » à l’échelle d’un quartier pour construire de nouveaux immeubles, dont les plans auraient été élaborés de manière collaborative avec les habitants…

I have a dream...

Voir aussi à ce sujet l’article de www.journaldunet.com.

4 réflexions au sujet de « Imprimer une maison en 3D (2) »

  1. Bonjour,

    Je trouve l’idée intéressante. Cependant, est-on vraiment certain que des bâtiments en plastiques recyclés seront aussi robustes que ceux que nous connaissons. Seront-ils résistants au gel, au fortes chaleurs, aux petites secousses sysmiques, etc. ? En utilisant ces imprimantes 3-D, est-ce que cela ne risque pas également de détruire des millions d’emplois dans le monde ? Les maçons et autres ferrailleurs vont-ils tous se transformer en informaticiens, surtout si à l’avenir un seul informaticien pourra peut-être effectuer l’équivalent du boulot de dizaines de travailleurs de bâtiment.

    • Je me pose les mêmes questions concernant la qualité finale de ces maisons en terme d’isolation et robustesse, mais j’imagine qu’avec le temps, on arrivera à des copies conformes en tous points.
      Concernant les pertes d’emplois que cela occasionnera, c’est une évidence, Robots, ordinateurs, machines, distributeurs automatiques, etc… remplacent progressivement nos emplois et cela ne va pas s’arrêter. C’est la fin du plein-emploi et de la croissance et nous devons envisager un autre système. L’initiative pour Un Revenu de Base Inconditionnel répond à cette problématique. Nous avons les richesses et les connaissances, mais les banques et les actionnaires monopolisent les bénéfices produits par ces robots et ordinateurs en mettant les humains au chômage. Partageons ces richesses afin de recréer une économie locale donc moins polluante grâce à l’imagination des nouveaux entrepreneurs que le revenu de base va permettre de voir apparaître. RBI + Monnaie pleine + Transition énergétique =Le nouveau monde que nous pouvons bâtir pour nos enfants dès demain…

  2. Vos questions sont parfaitement pertinentes.

    A moyen terme, il n’y a aucun risque que les maçons doivent se recycler dans l’informatique. En effet, dans le secteur du bâtiment, plus de 90% du chiffre d’affaires et donc des emplois concernent l’entretien et la transformation du parc immobilier existant.

    Cela dit, des projets tels que celui-là génèrent des emplois nouveaux et pas uniquement dans le domaine informatique: collecte et tri des matières plastiques, exploitation des installations de recyclage et d’impression, mise en oeuvre, maintenance, etc.

    L’industrialisation et la mondialisation incontrôlée ont détruit des centaines de millions d’emplois. J’ai la conviction que l’option de l’open hardware pourrait en recréer localement plus encore… Même si, dans la foulée, des emplois traditionnels devaient disparaître.

  3. Ping : Coopération au développement durable, open hardware et crowdfunding | François Marthaler

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