Énergie grise non prise en compte: pas une raison pour refuser la SE 2050!

(Source: Écho Magazine No 19, 11.05.2017)

« L’énergie dépensée pour fabriquer un appareil dépasse souvent l’énergie consommée par celui-ci pendant sa vie active. Alors que la Stratégie énergétique 2050 table sur une réduction de la consommation, économiser l’énergie grise demeure un défi majeur, estime François Marthaler. » C’est le chapeau de l’interview accordée à Aude Pidoux pour Écho Magazine qui vient de paraître. Mais attention, il ne faudrait pas pour autant rejeter la Stratégie énergétique 2050 soumise au peuple suisse le 14 mai 2017!J’en suis convaincu depuis plus de 20 ans, la transition énergétique ne pourra pas se concrétiser si l’on fait abstraction de l’énergie grise (voir Économiser l’énergie grise reste un défi majeur!). Encore moins si la stratégie consiste à jeter des millions d’appareils pour les remplacer par des modèles « plus économes en énergie ».

Un exemple m’a tout particulièrement marqué à cet égard: la construction du nouveau Centre d’entretien des routes nationales de Bursins, alors que j’étais à la tête du département des Infrastructures du canton de Vaud. Pour ce projet, une approche globale de développement durable a été adoptée et on a cherché à limiter aussi la consommation d’énergie grise. Malgré cela, calculs sérieux à l’appui, l’énergie grise de ce bâtiment représente deux fois ce qu’il va consommer durant sa durée de vie (40 ans, comme celui qu’il a remplacé). Plus grave, si l’énergie courante consommée par ce bâtiment est à 100% renouvelable (chauffage à bois, panneaux solaires thermiques et photovoltaïques), l’énergie nécessaire à sa fabrication et à la production des matériaux dont il est constitué est très majoritairement d’origine fossile et non-renouvelable (voir Les enseignements « durables » du centre d’entretien des routes nationales de Bursins).

Aussi fondamentale et essentielle que soit cette critique, je vais glisser un oui convaincu dans l’urne en faveur de la Stratégie énergétique 2050, ce dimanche!

Lire l’article complet publié dans Écho Magazine No 19 du 11.05.2017 (pdf, 323 ko).

Une réflexion au sujet de « Énergie grise non prise en compte: pas une raison pour refuser la SE 2050! »

  1. Subvention pour un sèche-linge à Vevey

    Cher Monsieur Marthaler,

    Voilà quelques années que je consulte régulièrement votre blog.

    L’obsolescence programmée, l’énergie grise ignorée, les fausses bonnes idées aux relents de démagogies me tracassent au plus haut point. Sans parler du concept d’écologie … qui est utilisé à outrance par qui veut bien se donner une bonne image (…Vevey, ville d’images).

    Sans vouloir vous flatter, vous êtes une des rares personnes « publique » avec qui je suis d’accord d’une façon « durable ».

    Dernièrement, en lisant un guide de la vie veveysanne imprimée sur papier glacé d’un poids de 400gr et publié à 12000 exemplaire, je suis tombé sur un article qui m’a directement fait penser à vous; une subvention pour changer d’appareil ménager (voir fichier joint).

    Dans un de vos précédent post, vous affirmiez que changer un appareil qui fonctionne pour un moins gourmand est une aberration, l’énergie grise est dépensée ailleurs (mais pas sur notre commune) et le nouvel appareil sera sans doute moins réparable.

    Et que recevoir une subvention venant d’un fond pour le développement du râble afin d’acheter un sèche-linge me semble bien incongru.

    Imaginez la quantité de corde à linge que l’on peut acheter avec 200.-, malheureusement un bout de fil ne coûte pas 800.- …

    Sur ce petit mot d’humeur d’un matin pluvieux, je vous souhaite une belle journée et beaucoup d’encouragement dans monde où l’on voit trop souvent l’expression zéro co2.

    Meilleures salutations!

    Eytan Baumgartner

    Voir la photo du guide

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