Initiative Monnaie pleine: un choix forcément irrationnel

(Source: http://www.initiative-monnaie-pleine.ch/)

Il est assez rare – même s’il est très souvent appelé à se prononcer – que le peuple suisse soit confronté à une question aussi essentielle et complexe que celle posée par l’initiative Monnaie pleine sur laquelle il devra trancher le 10 juin 2018. Se forger une opinion qui dépasse la question « pour ou contre les banques » ou « pour ou contre le capitalisme » exige de se documenter et de fournir un effort de compréhension franchement ardu…

La brochure officielle à disposition des citoyens appelés à s’exprimer – rares sont les votants qui la lisent – peut être complétée par diverses sources, comme l’article de Wikipédia sur le texte de l’initiative, qui fournit des liens vers d’autres articles concernant des sujets connexes, comme la proposition « 100 % monnaie » formulée par l’économiste américain Irving Fischer en 1935.

Pour ma part, je refuserai l’initiative en adhérant à l’opinion exprimée par Fabrice Ghelfi dans Domaine Public du 24.03.2018.

Dans Domaine Public du 15.03.2018, le même Fabrice Ghelfi avance: « Les initiants font valoir que la monnaie pleine «protégera notre économie contre les crises financières». Cette affirmation n’est pas correcte. Les crises, comme celle de 2008, ne résultent pas des crédits en monnaie scripturale accordés par les banques, mais bien d’anticipations excessives portant sur l’évolution de la valeur des biens et/ou une sous-évaluation des risques encourus. La prise en compte d’anticipations erronées ou de sous-évaluations tout aussi fausses est vieille comme le monde. La monnaie pleine n’y change rien. »

Mais il faut bien convenir que le sujet est particulièrement aride. Même si l’issue du scrutin semble connue d’avance…

2 réflexions au sujet de « Initiative Monnaie pleine: un choix forcément irrationnel »

  1. Les banques vampirisent les petites entreprise et épargnants et favorisent les grandes structures, elles manipulent les flots boursiers avec à la clefs quelques petites amendes qui ne leur font aucun mal, pourtant cela détruit des vies, des entreprises, des états. L’initiative permet de commencer à mettre ces entités au pas, et cela n’est de loin pas suffisant.

  2. Désolé pour la publication très tardive de votre commentaire, mais je n’ai pas eu une minute pour m’occuper de mon blog ces dernières semaines…

    D’accord, l’activité des banques n’est pas toujours des plus reluisantes et je partage l’opinion générale selon laquelle la finance dispose d’un pouvoir insensé sur l’économie réelle.

    Cependant, il existe dans ce secteur une concurrence bien plus forte que, par exemple, dans l’informatique qui garantit une certaine régulation. Surtout, à l’exemple de la Banque Alternative Suisse (BAS), il existe des offres qui rompent avec cette logique. Et je ne suis pas étonné de voir que la BAS ne soutenait pas l’initiative, avec des arguments auxquels je souscris entièrement: https://www.bas.ch/fr/a-propos-de-la-bas/thematiques-et-points-de-vue/dossiers/la-monnaie-pleine/vue-simple/news/2017/12/05/debatte-zur-regulierung-des-finanzsystems-dringend-notwendig/.

    Après le rejet massif de l’initiative en votation populaire (75,7%), le 10.06.2018, il vaut la peine de prendre connaissance des propositions de la BAS pour mieux encadrer l’activité bancaire. Bonne lecture…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *