Intelligence artificielle vs stupidité bien réelle

(Source: developpez.com, article sur l’IA publié le 27.09.2018)

Dans le cadre des activités de why!, je tente de suivre l’actualité du monde informatique. Il y est de plus en plus fréquemment question de l’IA qui s’invite dans tous les secteurs (commerce, finance, formation, robotisation, etc.), nourrit les espoirs les plus fous et draîne des investissements qui se chiffrent en milliards de dollars. Je suis tombé en arrêt devant l’article publié le 27.09.2018 sur developpez.com à propos de l’IA et plus particulièrement sur la question de savoir quand l’intelligence artificielle va dépasser l’intelligence humaine. Les uns estiment que ce sera dans 5-10 ans, d’autres dans une vingtaine d’années et 2% estiment que cela n’arrivera jamais. Mais la question de savoir à quoi cela servira ne se pose même pas!

La définition donnée par Wikipédia (en fait, celle de l’Encyclopédie Larousse) est la suivante: « L’intelligence artificielle (IA) est l’ensemble des théories et des techniques mises en œuvre en vue de réaliser des machines capables de simuler l’intelligence. » Notons à ce stade que « simuler » n’est pas « égaler » et encore moins surpasser.

Dans mon esprit, l’IA recouvre essentiellement les techniques informatiques permettant à des robots (au sens large, y compris une interface vocale avec un client sur Internet) de remplacer des êtres humains pour des tâches plutôt simples ne nécessitant pas une grande intelligence. Mais, inspirés probablement par la littérature de science-fiction, d’autres imaginent que des ordinateurs ou, mieux, des humanoïdes vont bientôt dominer les humains, pour le meilleur ou pour le pire. Une version moins apocalyptique pourrait imaginer que les humains deviennent inutiles ou simplement inefficaces et disparaissent selon les mécanismes de la sélection naturelle. Un scénario – plus plausible – serait que des groupes humains (nations ou mafias) ayant énormément investi dans l’IA asservissent voire anéantissent les autres, aidés par des robots plus intelligents qu’eux-mêmes.

J’arrête ici de développer les fantasmes que peuvent avoir ceux qui estiment nécessaire d’investir massivement dans l’IA et je soulève quelques questionnements…

Premier questionnement. Qui pourrait être assez stupide pour chercher à développer une intelligence artificielle supérieure à la sienne et prendre le risque d’être dépassé par sa création? On me rétorquera que ce pourrait être un moyen de s’adonner simplement à la paresse intellectuelle et laisser à une machine le soin de se prendre la tête sur des trucs compliqués. Ou alors que le créateur – contrairement à ce que fît Dieu en son temps – veillera à empêcher que sa créature ne puisse de reproduire ou se retourner contre lui.

Deuxième questionnement. Si une machine parvient bientôt à surpasser un être humain – comme Deep Blue est parvenu à battre Kasparov en 1996 – elle n’est pas encore en mesure de surpasser l’intelligence collective, celle qui est à l’œuvre dans la plupart des organisations et progrès scientifiques majeurs. J’estime personnellement que c’est sur cette dernière qu’il faudrait investir, comme c’est déjà le cas avec Wikipédia, les logiciels libres et l’open hardware.

Enfin et surtout, au vu de l’état dans lequel l’Homme à mis la planète, c’est plutôt dans les domaines de l’économie circulaire, des énergies vertes ou encore de la lutte contre les inégalités qu’il faudrait investir massivement. Grâce à l’intelligence collective et aux capacités d’empathie de l’être humain, ces problèmes sont suffisamment bien connus et les solutions suffisamment développées. Je ne vois pas ce qu’une intelligence supérieure pourrait apporter pour persuader les individus d’agir dans l’intérêt des générations à venir.

Cet article de blog ne fait qu’effleurer les questions posées par la volonté croissante de développer l’IA – ou la renonciation à chercher à l’encadrer. L’article https://fr.wikipedia.org/wiki/Intelligence_artificielle est bien plus complet et tout à fait passionnant. Mais je suis heureux d’y lire, dès l’introduction, que la CNIL, la définit comme « un grand mythe de notre temps ». Pour aller plus loin, il faut lire notamment le rapport de la CNIL intitulé « Comment permettre à l’Homme de garder la main », en particulier l’éditorial de sa présidente, Isabelle Falque-Pierrotin.

Une réflexion au sujet de « Intelligence artificielle vs stupidité bien réelle »

  1. Il faudra d’abord se mettre d’accord sur la définition « d’intelligence », puis trouver des outils pour la mesurer! Et pour le moment, nous n’arrivons pas à programmer des robots pour qu’ils accomplissent des tâches aussi basiques que conduire une voiture, alors ne soyons pas pressés!

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