Obsolescence déprogrammée: why! et La Bonne Combine en pionniers


(Source: RTS, A Bon Entendeur, 24.04.2018)
Le 24 avril 2018, l’émission de défense des consommateurs « A Bon Entendeur » de la Radio Télévision Suisse (RTS) était entièrement consacrée à l’obsolescence programmée et surtout aux possibilités de plus en plus nombreuses de la déjouer. L’enquête fait une large place à La Bonne Combine, atelier de réparation en tous genres que j’ai créé il y a 38 ans, et aux ordinateurs durables why!, que j’ai lancé en 2012 (mon Dieu, ça file!).

Sans surprise, on y retrouve aussi nos partenaires: HOP (Halte à l’Obsolescence Programmée), L’Increvable (la machine à laver qui dure 50 ans) ou encore NoOPS (No Obsolescence Programmée Suisse).

Mais la bataille engagée en 1980 par La Bonne Combine est loin d’être gagnée. En effet, la durée de vie et la réparabilité des appareils n’a cessé de se dégrader. Quant à l’obsolescence programmée, elle ne date pas d’hier, puisque le cartel Phoebus des constructeurs de lampes à incandescence l’avait déjà mis en œuvre à Genève en 1924 (voir l’article de Wikipedia).

Et puis, je souris un peu en écoutant les considérations « révolutionnaires » des jeunes inventeurs de L’Increvable, ayant moi-même réparé, dans les années ’90, des lave-linges Schultess âgés de 50 ans. Quant à l’idée de supprimer le point de fragilité que constitue le joint de manchette entre le hublot fixe et la cuve mobile, je me souviens que le fabricant suisse Zug proposait jusqu’à la fin des années ’90 un modèle Unimatic avec un hublot fixé sur la cuve et équipé d’un simple joint à lèvre extrêmement fiable.

Enfin, les réalisateurs de l’émission ont montré à La Bonne Combine des lave-linges avec cuve en plastic sur lesquels il n’est plus possible de remplacer les roulements à billes (pièce d’usure par excellence), plutôt que de présenter une machine Kenwood (fabriquée par Eudora en Autriche depuis les années ’70) et qui pourra certainement fonctionner 50 ans grâce à sa conception simple et ultra-fiable.

Mais il ne faudrait surtout pas donner l’impression que l’avenir est aux solutions déjà éprouvées et que le « progrès » pourrait parfois ressembler à un retour en arrière

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