L’EMPA donne sa caution « scientifique » au gaspillage

(Source: Detailstudie_Wiederverwendung_E+E_FINAL, EMPA, 15.02.2018, p. 32)

Je continue inlassablement à promouvoir la réparation et la réutilisation d’équipements électriques et électroniques (voir http://blogs.verts-vd.ch/marthaler/2019/autoriser-recuperation-dechetteries-polluer-planete/). Alors je m’étrangle, quand l’EMPA (Laboratoire fédéral d’essai sur les matériaux, qui appartient au Domaine des EPF) rend un rapport à l’OFEV (Office fédéral de l’environnement) qui conclut que, au-delà de 4-8 ans, il serait plus écologique de jeter un appareil qui fonctionne pour en acheter un nouveau! Ces conclusions découlent d’une erreur intellectuelle grave. En effet, pour l’EMPA, les équipements tels que lave-linge, réfrigérateur, ordinateur ou smartphone consomment toujours moins et leur fabrication nécessite de moins en moins d’énergie et de matières premières.Dans ce rapport commandé par l’OFEV, l’EMPA postule que les appareils commercialisés seront toujours plus performants en ce qui concerne leur consommation en énergie ou en eau. Les auteurs de l’étude commettent là une erreur intellectuelle grave. Ils savent pertinemment que les lois de la physique (en particulier de la thermodynamique) s’imposent et ne peuvent pas être dépassées.

Dans un article publié il y a plus de 20 ans (voir http://blogs.verts-vd.ch/marthaler/2016/economiser-lenergie-grise-reste-un-defi-majeur/), j’ai démontré que ce raisonnement n’était tenable qu’à la condition que les appareils durent de plus en plus longtemps. Et lorsque les limites posées par la physique sont atteintes, alors il faut absolument faire durer plutôt que remplacer nos appareils.

Alors je suis effaré que des scientifiques, formés dans nos meilleures écoles d’ingénieurs, commettent des erreurs intellectuelles de ce type (voir mes notes de lecture sur le rapport de l’EMPA: 2019.07.06_Notes_de_lecture_Detailstudie_Wiederverwendung_E+E_FINAL). Je suis d’autant plus choqué que, depuis le début des années 1990, l’EMPA est l’organe officiel de contrôle du système SWICO Recycling, mis en place par les multinationales du domaines, qui ont un intérêt direct à limiter la durée de vie et la réparation des appareils électroniques.

Mais le plus grave est que la Confédération, s’appuyant sur cette « étude », justifie au nom de l’écologie le refus de modifier la législation (OREA) pour favoriser la durabilité et la réparabillié des appareils électriques et électroniques.

 

 

 

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