Une journée pour l’égalité salariale

égalité-salarialeEn Suisse en 2013, les femmes ont gagné en moyenne 19,3% de moins que les hommes (1). Ce chiffre alarmant montre que loin de se résorber ou même de stagner, les inégalités entre femmes et hommes s’accroissent. Concrètement, une femme doit travailler jusqu’au 9 mars de l’année suivante pour gagner le même salaire qu’un homme au 31 décembre. Le choix de cette date pour fêter l’Equal Pay Day n’est ainsi pas fait au hasard.

Inégalités en hausse

Certains secteurs particuliers de l’économie sont plus discriminants que d’autres. L’écart varie ainsi de 15% à plus de 31% selon les domaines (2). Le secteur public suisse n’est pas en reste car la discrimination salariale y est importante : 13,6% en 2012 (3). Il est à noter que l’écart n’a pas tendance à se réduire, au contraire : L’écart salarial était de 20,9% en 2002, puis de 18,4% en 2010, mais a augmenté depuis (18,9% en 2012 et 19,3% en 2013) (4) (5).

Deux phénomènes sont repérables dans les parcours professionnels des femmes et influencent directement les différences de salaire :

  • Les parois de verre : La discrimination horizontale est le fait que certaines filières restent malheureusement fortement genrées avec une part élevée d’hommes.
  • Le plafond de verre : La discrimination verticale est le fait que les femmes ont  un accès plus difficile aux fonctions dirigeantes (dans le public comme le privé) et y sont sous-représentées.

Si une partie de l’écart salarial peut ainsi être expliqué, par exemple par la formation, la position professionnelle, l’expérience, l’ancienneté, le taux d’occupation, etc, une partie importante de la différence (environ 40%) n’est pas explicable par des critères objectifs et résulte donc uniquement de discriminations en fonction du sexe (6).

Un manque de volonté politique ?

La situation peine donc à évoluer et empire même. Malgré les intentions affichées par plusieurs exécutifs (par exemple le Conseil fédéral ou le Conseil d’Etat vaudois), l’égalité reste théorique. En réalité, on remarque un manque de réelles actions en matière de politique salariale au niveau des exécutifs et un probable laxisme quant à la promotion de l’égalité parmi les cadres des administrations publiques. Tout cela est cumulé avec le manque de soutien ou le déni de la part des majorités bourgeoises des parlements fédéral et cantonaux.

Pour atteindre une égalité de fait, et non pas seulement une égalité affichée, il y a réellement besoin d’une prise de conscience, au sein de la population, mais surtout au niveau de la sphère politique, que la situation actuelle n’est pas satisfaisante. L’introduction de quotas rigides (par exemple au sein des conseils d’administration), l’encouragement aux femmes à se lancer en politique ou encore l’évaluation accompagnée de l’égalité salariale au sein d’entreprises (LOGIB, Proégalité) sont à mon sens des politiques publiques à mettre en oeuvre le plus rapidement possible, car l’égalité n’est de loin pas acquise… Du moins pas pour l’instant.

Voir également :
Grande manifestation pour l’égalité des salaires à Berne le 7 mars 2015
Article ironique sur le « Salon de la femme », paru dans Le Temps en 2012

Note :
(1) Office fédéral de la statistique, Egalité entre femmes et hommes – Données, indicateurs. (retour au texte)
(2) Office fédéral de la statistique, Egalité entre femmes et hommes – Données, indicateurs. (retour au texte)
(3) Office fédéral de la statistique, Egalité entre femmes et hommes – Données, indicateurs. (retour au texte)
(4) Bureau de l’égalité entre les femmes et les hommes & Statistique Vaud, Les chiffres de l’égalité , 2014. (retour au texte)
(5) RTS info, Les écarts salariaux entre hommes et femmes plus grands qu’en 2008. (retour au texte)
(6) Bureau fédéral de l’égalité entre femmes et hommes & Office fédéral de la statistique, Vers l’égalité des salaires ! Faits et tendances. Informations aux entreprises, aux salariées et aux salariés, 2009. (retour au texte)

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