Bataille du rail dans le Chablais

La Tribune de Genève du 19 février 2013 en fait sa manchette : «Les trains à Monthey. Vers une bataille du rail». Le Nouvelliste du même jour publie de son côté deux pages sur le sujet : «Mieux connecter Monthey à Sion et Lausanne».tdg19022013Alors même que le dossier ChablaisAgglo se trouve en traitement du côté de Berne, ces nouvelles interrogations risquent bien de réduire à néant les chances de succès du projet. Fait significatif selon Le Nouvelliste, Fernand Mariétan se dit «énervé» ! Un Fernand Mariétan qui rappelons-le a prolongé son mandat à la tête de la présidence de l’agglo, malgré le fait qu’il ne figure plus parmi les élus montheysans et même si «En principe, le comité doit regrouper les chefs des exécutifs» (24Heures 20-03-2012).

L’idée de la «variante Nantermod» lancée au Grand Conseil valaisan n’est pas nouvelle. En avril 2010, l’ATE proposait déjà deux variantes de tracés entre Aigle et Monthey traversant la plaine du Rhône à la hauteur d’Aigle  (ATE Agglo Chablais – Propositions pour l’agglomération).Variante ATE - 2010Une autre variante mentionnée par Le Nouvelliste est attribuée à tort à l’ATE. Il s’agit de la variante permettant de relier toutes les gares de l’agglomération, soit Aigle, Saint-Triphon, Bex, Massongex, Monthey et Collombey-Muraz en empruntant les voies CFF existantes, à l’exception d’une courbe de raccordement à réaliser entre Bex et Massongex. Cette variante est le fruit des réflexions du Groupe Mobilité Chablais, documentée dans son document d’octobre 2010 intitulé «Pour un Chablais mobilisé. Propositions d’un groupe d’utilisateurs réguliers des transports publics dans le Chablais».Mobilité dans le Chablais - 2010Malheureusement cette proposition n’a jamais été prise au sérieux par le comité de pilotage de l’agglo. Pourtant, elle présente de nombreux avantages, comme le rappelle Gérald Hadorn, membre du Groupe Mobilité Chablais:Gérald Hadorn

« Les deux solutions AOMC et CFF sont complémentaires »

L’AVIS DE GERALD HADORN GROUPE MOBILITE CHABLAIS

A Aigle, Gérald Hadorn membre du Groupe Mobilité Chablais, réunissant, de manière apolitique, des usagers des réseaux de transport public, estime que les deux liaisons (boucle CFF Aigle-Monthey et amélioration du tracé de l’AOMC) seraient complémentaires, comme cela s’est révélé être le cas à d’autres endroits semblables en Suisse (banlieues de Bâle et de Zurich, Soleure-Niederbipp en prolongement jusqu’à Oensingen, ou encore Lausanne-Renens, desservi par les CFF, le TSOL (M1), la ligne 7 et le futur tram). Sur un plan financier, obtenir les deux choses semble bien plus problématique.

L’AOMC insuffisant ?

Pour le groupe Chablais, la promesse d’une liaison plus rapide entre Aigle et Monthey, en un temps de douze minutes via l’AOMC est « une promesse trop belle. Elle ne pourrait être atteinte qu’en supprimant les arrêts entre les deux villes, au détriment des stations intermédiaires. A cela s’ajoute la perte de temps et de confort liée au changement obligatoire en gare d’Aigle. En effet, une desserte fréquente et de proximité nous paraît plus importante encore que la diminution du temps de parcours. »

C’est pourquoi son groupe défend la variante de l’ATE qui passe par Bex et Massongex car le but qui est de relier Aigle à Monthey en dix minutes serait quasiment atteint. « De plus, les voyageurs en direction de Lausanne n’auraient pas besoin de changer de train à Aigle. La desserte de Bex serait aussi améliorée. La desserte du futur terminal rail-route prévu à Monthey en serait améliorée, de même que celle des communes de Bex et de Massongex. Cette liaison permettrait d’atteindre l’objectif d’un trajet en douze minutes entre Aigle et Monthey (Aigle-Bex six minutes, arrêt une minute, Bex-Monthey cinq minutes environ). Cette liaison rapide CFF viendrait compléter celle de l’AOMC. Ce dernier aurait le rôle d’un train de banlieue desservant tous les quartiers, comme on le voit en Suisse alémanique. »

Les utilisateurs des transports publics du Chablais seront-ils un jour entendus ? A la veille de la bataille du rail dans le Chablais on peut en douter !
Prochain arrêt Chabalis

Optons pour un RER-CHABLAIS, la meilleure solution pour desservir le futur Hôpital du Chablais et rendons à César – pas celui de l’agglo – ce qui lui appartient !RER-Chablais

Un jugement passé sous silence dans le Chablais

Il y a un ans, au mois de février 2012, le mensuel Le Point Chablais publiait un Conte d’hiver pour le futur printemps. Ce conte, rédigé par une «brebis galeuse» de l’équipe de rédaction du journal satirique bellerin La Salière, prenait à partie le préposé au contrôle des habitants, qui a déposé plainte pour diffamation. Le syndic Rochat et le secrétaire municipal Lenherr avaient apporté leur soutien à l’employé de la commune, comme l’atteste une lettre «confidentielle» publiée sur le site du Point Chablais: Nous désapprouvons tout particulièrement la déviance prise en l’occurrence par ce journal mensuel et déplorons la présence d’articles satiriques anonymes dans une publication distribuées aux résidants d’Aigle, de Bex et des environs. Ce genre de pamphlet ne doit avoir sa place que dans «La Salière» éditée lors de la traditionnelle «Nuit du Bexlier». Précision amusante des autorités qui sponsorisaient le mensuel, résumée par le municipal agrarien Pierre-Yves Rapaz: on ne mord pas la main qui nous nourrit.

Si l’en en croit la rubrique L’Affaire Point Salé publiée sur Point Chablais, l’affaire en question en serait restée là. Or un article publié dans Le Courrier du 12 juillet 2012 révèle que le Le Tribunal de Vevey a jugé la rédactrice en chef du journal «Le Point Chablais», Zoé Gallarotti, coupable de diffamation envers le préposé au Contrôle des habitants et au Bureau des étrangers de la commune de Bex, le 24 mai dernier.

Le titre de l’article, Une journaliste punie pour avoir refusé de divulguer ses sources, prête cependant à confusion. En effet la journaliste, mais l’est-elle vraiment, a bien été condamnée pour diffamation suite à la publication d’un article fourni par une «brebis galeuse» de La Salière et non parce qu’elle a refusé de divulguer ses sources. Et en bon berger tout de même un peu gêné aux entournures, Pierre-Paul Duchoud, responsable de la dite Salière, s’est acquitté des 525 francs de frais de procédure !

saliere1945

La Salière – version 1945

Zoé Gallarotti affirme se mettre à nu sur son site internet. Pourtant son dernier message concernant cette affaire remonte au 18 avril 2012, soit bien avant le jugement. Quant à La Salière, elle attend sans doute qu’une «brebis galeuse» lui fournisse un texte… Tout comme 24Heures qui a soigneusement évité le sujet. Comme quoi L’organe de la bonne humeur peut fâcher certains !

À vous glacer le dos !

Le Musée historique du Chablais annonce la venue de l’exposition consacrée au patrimoine glaciaire du Chablais. Cette exposition, créée dans le cadre du projet Interreg IV «Les 3 Chablais» doté d’un confortable budget de CHF 1’692’809.-, constitue l’un des volets de la thèse de doctorat menée par Amandine Perret à l’Institut de géographie de l’Université de Lausanne. L’avis d’appel public à la concurrence du 8 mars 2012 expirant le 26 du même mois à 17h précisait les 4 phases du projet d’exposition :

  • Muséographie/Scénographie de l’exposition
  • Réalisation de l’exposition
  • Élaboration d’un livret pédagogique
  • Réalisation du catalogue d’exposition

Le vernissage de l’exposition a eu lieu peu de temps après, le 18 juillet 2012 à la Maison du Val à Abondance (F). Elle y est restée jusqu’au 30 septembre 2012.

Abondance - 2012

Première présentation de l’exposition consacrée au patrimoine glaciaire des 3 Chablais.

Au début de l’année 2013, l’exposition a rejoint les bords du Léman. Elle est visible, gratuitement, du 7 janvier au 28 février à l’Espace Grangette de Thonon-les-Bains. Outre les sponsors initiaux – Interreg France Suisse et le Syndicat Intercommunal d’Aménagement du Chablais (SIAC) – cette mouture bénéficie du soutien de la région Rhône-Alpes, du conseil général de la Haute-Savoie et de quelques privés.

Thonon 2013

Deuxième présentation de l’exposition consacrée au patrimoine glaciaire des 3 Chablais.

Après Thonon-les-Bains l’exposition trouvera refuge au Musée historique du Chablais, sis à la Porte du Scex à Vouvry (VS). Elle y stationnera du reste assez longtemps, du 25 avril au 17 novembre 2013, soit durant toute la durée de la saison 2013 de l’institution valaisanne. Le site internet du Musée du Chablais reprend intégralement le texte de présentation, mais plus rien n’indique que cette exposition a été financée par Interreg et les collectivités publiques…

Vouvry 2013

Troisième présentation de l’exposition consacrée au patrimoine glaciaire des 3 Chablais.

Ce n’est du reste pas la première fois que le Musée du Chablais s’offre une «exposition» clés en mains pour meubler un étage du château de la Porte-du-Scex. En 2011 en effet la présentation des panneaux «Les itinéraires culturels en Suisse: de la ViaCook à la ViaValtellina» permettait à ViaStoria de recycler son exposition «ViaStoria – Itinéraires culturels en Suisse», inaugurée le 26 avril 2010 au Palais de l’Europe à Strasbourg. A noter que le responsable de l’antenne romande de ViaStoria, Sandro Benedetti, faisait partie du comité de la Fédération des associations et fondations historiques du Chablais, en charge du Musée du Chablais. Mais sans doute trop occupé par le projet Interreg IV «Les 3 Chablais», il a quitté ce poste.

viastoria2011

Le Musée historique du Chablais se spécialise dans les expositions clés en mains.

Ces pratiques sont-elles à l’origine de la démission de la dernière conservatrice en place ? Dans tous les cas elle évoque des «difficultés relationnelles avec des membres de la commission ainsi que des divergences sur les buts et l’évolution du musée.» Le Nouvelliste – 23 novembre 2012.

discordeEt à entendre Pierre-Paul Duchoud, géomètre officiel, rédacteur du journal satirique bellerin La Salière et vice-président de la Fédération des associations et fondations historiques du Chablais, on comprendra aisément que des divergences fassent fuir les conservateurs successifs, sa conception de la gestion d’un musée étant à l’opposé du code de déontologie de l’ICOM: «La direction d’un musée est un poste clé et, lors d’une nomination, les autorités de tutelle doivent prendre en compte les connaissances et les compétences requises pour occuper cet emploi efficacement. Aux aptitudes intellectuelles et aux connaissances professionnelles nécessaires doit s’ajouter une conduite déontologique de la plus haute rigueur». Or pour Duchoud «La gestion du musée sera assurée par des mandataires. […] Nous pourrons ainsi tester plusieurs candidats.» 24Heures, 22 novembre 2012. La première candidate, chargée de monter l’exposition «En temps de guerre : le Chablais en 39-45» sera Béatrice Blandin de Rolle, spécialiste des pratiques funéraires d’époque géométrique à Erétrie.

Dans ces conditions il est évident qu’un musée qui ne possède ni collection, ni conservateur attitré, soit à la recherche d’expositions toutes faites. Ceci permet également à différents instituts universitaires de contrôler l’institution et de placer étudiants et doctorants pour des stages. Le tout étant financé par les communes du Chablais…

Qui emportera la mise ? L’Institut d’archéologie et des sciences de l’Antiquité ou l’Institut de géographie et durabilité ? Une chose est certaine: l’avenir du Musée du Chablais ne dépend pas des Chablasiens !