Un jugement passé sous silence dans le Chablais

Il y a un ans, au mois de février 2012, le mensuel Le Point Chablais publiait un Conte d’hiver pour le futur printemps. Ce conte, rédigé par une «brebis galeuse» de l’équipe de rédaction du journal satirique bellerin La Salière, prenait à partie le préposé au contrôle des habitants, qui a déposé plainte pour diffamation. Le syndic Rochat et le secrétaire municipal Lenherr avaient apporté leur soutien à l’employé de la commune, comme l’atteste une lettre «confidentielle» publiée sur le site du Point Chablais: Nous désapprouvons tout particulièrement la déviance prise en l’occurrence par ce journal mensuel et déplorons la présence d’articles satiriques anonymes dans une publication distribuées aux résidants d’Aigle, de Bex et des environs. Ce genre de pamphlet ne doit avoir sa place que dans «La Salière» éditée lors de la traditionnelle «Nuit du Bexlier». Précision amusante des autorités qui sponsorisaient le mensuel, résumée par le municipal agrarien Pierre-Yves Rapaz: on ne mord pas la main qui nous nourrit.

Si l’en en croit la rubrique L’Affaire Point Salé publiée sur Point Chablais, l’affaire en question en serait restée là. Or un article publié dans Le Courrier du 12 juillet 2012 révèle que le Le Tribunal de Vevey a jugé la rédactrice en chef du journal «Le Point Chablais», Zoé Gallarotti, coupable de diffamation envers le préposé au Contrôle des habitants et au Bureau des étrangers de la commune de Bex, le 24 mai dernier.

Le titre de l’article, Une journaliste punie pour avoir refusé de divulguer ses sources, prête cependant à confusion. En effet la journaliste, mais l’est-elle vraiment, a bien été condamnée pour diffamation suite à la publication d’un article fourni par une «brebis galeuse» de La Salière et non parce qu’elle a refusé de divulguer ses sources. Et en bon berger tout de même un peu gêné aux entournures, Pierre-Paul Duchoud, responsable de la dite Salière, s’est acquitté des 525 francs de frais de procédure !

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La Salière – version 1945

Zoé Gallarotti affirme se mettre à nu sur son site internet. Pourtant son dernier message concernant cette affaire remonte au 18 avril 2012, soit bien avant le jugement. Quant à La Salière, elle attend sans doute qu’une «brebis galeuse» lui fournisse un texte… Tout comme 24Heures qui a soigneusement évité le sujet. Comme quoi L’organe de la bonne humeur peut fâcher certains !