Crier au loup !

Le Conseil national a longuement débattu du loup: 14 motions, alors qu’il n’y a qu’une dizaine de loups en Suisse!

Jusqu’à présent on demandait d’abattre des loups lorsqu’ils s’attaquaient à des moutons.
Il faut pourtant relever que la principale cause de mortalité parmi les 450’000 moutons suisses est l’abattage chaque année de centaines de milliers de moutons pour nourrir l’homme, suit la mort de 8 à 10’000 moutons en estivage, par accident ou maladie ou agression par des chiens errants. Viennent enfin les 100 à 400 moutons tués par la dizaine de loups qui vivent en Suisse !
Des mesures légales et réglementaires ont déjà été prises pour

* dédommager les éleveurs touchés,
* abattre les carnivores qui attaquent plusieurs animaux de rente et
* encourager la prévention par le gardiennage à l’aide de chiens.

On peut et on doit encore améliorer ces mesures: le loup est un élément important pour la biodiversité dans nos contrées, et il faut prendre les mesures nécessaires pour faciliter la cohabitation avec cet animal sauvage.
Mais certaines des motions traitées aujourd’hui au Conseil national, montrent clairement que certains politiciens veulent éliminer ou fortement réduire le nombre de loups avant tout parce qu’ils représentent une concurrence pour les chasseurs.
Ils aimeraient que les loups deviennent végétariens…
Voulons nous vraiment décimer les loups parce qu’ils mangent du gibier? Ce serait pratiquement empêcher leur présence en Suisse :
un très mauvais signal dans cette année de la biodiversité !
Les expériences faites dans les pays voisins montrent que loups et chasseurs peuvent cohabiter sans mesures d’abattage spéciales et que les grands carnivores opèrent un tri salutaire parmi les animaux sauvages les plus faible ou malades, peu intéressants pour les chasseurs.
Les chasseurs n’ont pas besoin d’être protégés du loup!
Mais les loups de certains politiciens qui écoutent un peu trop les chasseurs!

  1. Chappuis André’s avatar

    André Chappuis
    Ch du Forestay
    CH 1071 Rivaz

    Rivaz, le 30 mars 2001,

    Monsieur van Singer,

    J’ai 75 ans. Lorsqu’il a fallut voter pour accepter ou refuser l’énergie nucléaire en Suisse, j’ai voté oui. On nous avait tellement bourré le crâne en disant qu’après avoir utilisé cette énergie militairement pour détruire le Japon, on allait maintenant l’utiliser pacifiquement pour construire la Suisse; alors, comme beaucoup de citoyens de l’époque, je n’ai pas hésiter à voter oui.
    Depuis, après en avoir beaucoup lu sur cette énergie et les magouilles qui se font à son sujet j’ai changé d’avis.

    Je ne fais pas confiance aux dires de Mme. Leuthard. Le Conseil Fédéral nous a menti avant la votation ci-dessus, pourquoi pas aujourd’hui? Mme. Leuthard a été mise à ce département pour promouvoir le nucléaire et « corriger » les « blocages » voulus par Mr. Leuenberger. Quand suffisamment de soi-disant experts auront « prouvé » qu’il n’y a plus de dangers parce que TOUTES les mesures nécessaires auront été prises, elle donnera les autorisations.

    Au sujet des dégâts provoqués par Tchernobyl, voici une histoire qui s’est passée ces derniers temps;
    Une personne m’a dit que son fils avait un cancer. Quand je l’ai revue, je lui ai demandé comment il allait. Elle m’a répondu: – mieux, il arrive au bout de sa chimio.
    Je lui ai dit: – Ta maison es entourée de trois antennes de téléphonie mobile, dont une très proche.
    Elle m’a répondu: – Cela peut avoir une influence, mais il y a plus important, il est né l’année de Tchernobyl.

    Je pense qu’il faudrait faire une statique des jeunes atteints d’un cancer nés l’année de Tchernobyl, ainsi que des années voisines pour comparaison avec les plus jeunes et aussi ceux qui ont entre 30 et 40 ans.

    Je ne suis pas d’accord avec vous lorsque vous écrivez sur votre site qu’en remplaçant les chauffages électriques à résistances par des pompes à chaleur (vous citez aussi les pellets) on pourrait se passer des trois centrales nucléaires mentionnées. Sans entrer dans les détails, une pompe à chaleur est un chauffage électrique qui a un meilleur coefficient de performance qu’un chauffage à résistances. Si on remplace rapidement les 210000 chauffages à résistances par des pompes à chaleur, ce sera comme si on avait maintenu environ 160000 installations à résistances. Sauf si on fait tourner ces pompes à chaleur avec des moteurs diesel alimentés avec de l’huile biologique. Mais alors, il faudrait que nos paysans ne produisent plus que ça et on devrait acheter notre nourriture à l’étranger, ce qui produirait une nouvelle pollution. La pompe à chaleur n’est pas une solution pour se passer du nucléaire.

    C’est pourquoi, lorsque j’ai dû remplacer ma chaudière à mazout j’ai choisi les pellets.
    J’aurais voulu installer une machine à cogénération « Sunmachine » productrice d’électricité. La vente d’électricité à « la Romande » aurait amorti l’installation en quelques années.
    Malheureusement, cet appareil n’était pas encore livrable en Suisse au moment où il me le fallait. J’ai donc installé une chaudière conventionnelle à pellets avec panneaux solaires pour l’eau chaude.

    Pour pouvoir se passer du nucléaire, il faut cesser de vanter les pompes à chaleur, et faire la promotion des machines à cogénération qui elles produisent de l’électricité et contribuent à éliminer le nucléaire.

    Les tremblements de terre en Suisse.

    Je pense qu’en Suisse nous avons tendance à sous-estimer la puissance des tremblements de terre que nous pourrions avoir.
    On parle du bout des lèvres du tremblement de terre de Bâle en 1356 dont la magnitude a été estimée à 6,2. On dit qu’il a été ressenti en France et en Allemagne.
    On ne parle pas davantage de celui du 25 janvier 1946 (dont je me souviens) à Sierre, d’une magnitude de 6,1.
    Quant à celui de 563, j’en ai rarement entendu parler. Il en est surtout question à Lavaux et dans la région d’Evionnaz.
    À l’école on nous apprenait qu’il est illogique qu’une localité s’appelant Rivaz soit située 60 mètres plus haut que le lac. On nous disait que le Rivaz d’origine était au bord du lac (comme tous les Riva de langue italienne) et avait été détruit par le raz de marée qui avait suivi le tremblement de terre de 563. Les survivants ayant eu peur d’une nouvelle destruction avaient rebâti le village (sans en changer le nom) à son emplacement actuel.
    Quant à Epesses, (nom signifiant sapin, proche d’épicéa) le village était plus haut, en bordure des forêts et était construit en bois. Le tremblement de terre de 563 l’a fait glisser à son emplacement actuel sans que ses maisons soient détruites. Ses habitants furent tellement reconnaissants de n’avoir pas subi les mêmes dégâts que les autres qu’ils instituèrent un jeûne.
    Dans les environs d’Evionnaz on dit qu’un pan de la Cime de l’Est s’est effondré à cause du tremblement de terre de 563, à enseveli un village et a barré le Rhône. Lorsqu’une partie du barrage a cédé, la libération de l’énorme quantité d’eau accumulée a provoqué le tsunami qui a ravagé toutes les localités riveraines du Léman. Sur le reste du barrage a poussé la Forêt du Bois Noir.
    A l’école, on nous apprenait que c’était les barbares qui avaient détruit la capitale de l’Helvétie. Je ne crois pas à cette version. Pour moi, Aventicum a été détruite par le tremblement de terre de 563 ainsi que les fortifications qui défendaient l’Helvétie. Les barbares y sont alors entrés comme dans un moulin.
    La version officielle dit qu’une partie du Gramont s’est abîmée dans le lac et est à l’origine du tsunami. Je pense qu’en plus de l’écroulement du Gramont, il y a eu l’effondrement de la Cime de l’Est.
    On dit que vers l’an 500 le col du Théodule était libre de glace et que l’évêque de ce nom y passait pour aller d’un bout de son diocèse à l’autre. Si on pouvait si facilement franchir ce col, c’est parce que le climat était plus chaud qu’aujourd’hui.
    La glace qui est aux pôles fond. L’eau produite se répartit sur toute la surface de la planète. J’ai lu qu’à cause de cet apport d’eau ailleurs qu’aux pôles, la partie solide de la Terre devait se rééquilibrer et que cela provoquait des tremblements de terre. La catastrophe de 563 a très probablement été provoquée par un tel rééquilibrage. Comme il semble que nous ayons les mêmes conditions climatiques qu’il y a 1500 ans, il y a une grande probabilité pour que nous ayons à nouveau, peut-être prochainement, un très fort tremblement de terre avec d’énormes risque pour nos usines nucléaires.

    Conclusions de ce qui précède:
    1. Pour sortir du nucléaire il ne faut pas promouvoir les pompes à chaleur, mais les machines à cogénération ainsi que les panneaux solaires.
    2. Comparé à celui de 1946, le tremblement de terre de Bâle a dût être plus fort qu’on le dit; on attribue seulement 1/10 de magnitude de plus à celui de Bâle qu’à celui de Sierre, alors qu’à Bâle les dégâts ont été beaucoup plus importants. Celui de 563 a peut-être eu une magnitude comparable au dernier tremblement de terre du Japon.
    3. Avertir la population que nous risquons de subir un tremblement de terre aussi important que le dernier qui s’est produit au Japon.
    4. Exiger l’arrêt immédiat des plus vieilles centrales nucléaires de Suisse et l’arrêt des autres avant le milieu de 2012.
    5. Faire comprendre aux Suisses et aux Européens que leurs vies et leurs santés sont plus importantes que leur confort avec le « tout électrique ».

    Je m’excuse d’avoir été si long et vous remercie de m’avoir lu jusqu’au bout.

    Recevez, Monsieur van Singer, mes meilleures salutations

    André Chappuis

    Répondre

  2. Myrisa Jones’s avatar

    Monsieur Van Singer

    S’il vous plaît, cesser d’encourager comme vous le faites aujourd’hui, l’érection de centaines et de centaines d’ éoliennes de 150m à 200m de haut, dans l’Arc jurassien, et ailleurs dans les campagnes et les forêts!
    Les infrastructures colossales qui sont nécessaires pour ces parcs en pleine nature et les conséquences attendues sur l’écosystème fragile des derniers espaces protégés du patrimoine naturel de notre pays, vont être extrêmement grave contrairement à ce que les écologistes de tout bord croient.
    Oui à la sortie du nucléaire! Et oui aux énergies renouvelables! Sur ce point nous sommes d’accord. Mais pas de cette manière!
    Ne voyez-vous pas le paradoxe qui consiste à vouloir sauver l’environnement en industrialisant massivement notre propre environnement naturel?
    Evidemment, rien n’est comparable à la destruction que provoque le nucléaire dans notre civilisation, mais ce n’est pas une raison pour cautionner n’importe quoi à la place!
    On ne peut comparer la production éolienne et le production nucléaire.
    Et laisser croire à la population, pour des raisons « électoralistes » essentiellement, comme c’est le cas actuellement dans la plupart des médias, que grâce à ces machines, nous allons sortir du nucléaire est trompeur.

    Les projets industriels éoliens tels qu’ils sont prévus aujourd’hui chez nous sont une autre forme de catastrophe environnementale et une immense tromperie écologique et financière!
    Car, ces 1000 à 1500 machines ne produiront que 4 % à 6% de la consommation totale du pays. Ce chiffre est l’estimation des promoteurs, des services de la Confédération et des opposants.
    Or comme vous le savez, l’augmentation de la consommation qui suit le développement économique est en moyenne de 2% en suisse chaque année.
    Faites le calcul.
    Ne trouvez-vous pas alors absurde d’encourager des projets qui ne donneront un répit que de quelques années?
    L’éolien industriel et centralisé, est en train de concentrer entre ses mains une bonne partie des moyens financiers mis à la dispositions des énergies renouvelables, via la RPC, par la Confédération.
    Alors que la plupart des projets solaires ou autres, ceux qui permettraient une véritable indépendance énergétique de la population par rapport aux grandes compagnies électriques, sont en attente par manque d’argent.

    Cherchez l’erreur!

    Vous semblez pressé et je vous comprends.

    J’ai donc une proposition très concrète de campagne pour les verts, qui permettrait sans aucune dépense, une économie d’énergie immédiate de 30%, soit 6x plus que ce que produiront en une année ces centaines d’éoliennes géantes dispersées dans tout notre environnement:

    Pourquoi ne pas lancer un référendum qui demanderait immédiatement, l’extinction de tous les éclairages inutiles des grandes villes de Suisse, à partir de minuit. (vitrines des commerces, monuments, 1 lampadaire- avec LED- sur deux, etc.)
    C’est une mesure simple, rapide et à laquelle une grande partie de la population pourrait adhérer sans difficulté à cause des événements du Japon.
    L’énergie qui ne pollue pas est celle que l’on ne consomme pas, vous le savez bien.
    Et ce serait une bon test pour l’honnêteté dont se vantent les industriels du nucléaire… et de l’éolien industriel, qui, je vous le rappelle, sont les mêmes acteurs.

    Avec mes meilleurs salutations.

    Myrisa Jones

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  3. christian van singer’s avatar

    Je me permets de répondre brièvement.
    Vous avez raison quand vous dites que pour renoncer au nucléaire, il faut en priorité augmenter l’efficacité énergétique, moins gaspiller, développer les renouvelables.
    Par contre vous sous-estimez, les deux, certains potentiels.
    Pour remplacer les chauffages électriques, les pompes à chaleur avec une sonde géothermique et un accumulateur, permettent de diviser par 3 ou 4 la consommation d’électricité en hiver, quand on en a le plus besoin. Il ne faut donc pas les exclure, même si nous préférons les chauffages au bois.
    Quant à l’éolien, il est évident qu’il ne faut pas installer ces machines n’importe où. Pas sur les crêtes, ni dans les marais, ni près des monuments historiques etc., ni surtout près des zones d’habitation. Il ne faut pas par contre sous-estimer la part d’électricité que l’éolien peut nous procurer. 800 grandes éoliennes, bien placées, nous procureraient autant d’énergie qu’une grande centrale nucléaire. Ce n’est pas une opinion, ce sont des faits. Et 800 grandes éoliennes situées correctement, ne vont pas plus nous déranger que les 200’000 grands poteaux des lignes électriques.
    En tout cas merci d’apporter votre contribution. Sachez que je partage vos soucis: il faut cesser de croître pour gaspiller, et sortir du nucléaire aussi rapidement que possible. J’essaye d’agir dans ce sens.

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