Micro5, la machine-outil qui ouvre la voie

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(Source: SIAMS, Salon des moyens de production microtechniques)

On pourrait penser au retour de Dark Vador. En réalité, il s’agit de la première machine-outil « open source » conçue dans l’Arc jurassien et qui pourrait bien révolutionner les modes de production dans le domaine de la micro-technique. On pourrait penser qu’il s’agit là d’une anecdote amusante. Je suis au contraire convaincu qu’elle préfigure une renaissance des compétences techniques de cette région qui dispose d’un savoir-faire industriel unique. Par souci d’honnêteté, je précise que je suis né à Neuchâtel, petit-fils d’un horloger prévôtois  et Jurassien de cœur… Cependant, l’essentiel n’est pas là…Ce qui me frappe dans ce projet Micro5, comme dans tous les projets issus de l’économie collaborative, c’est la convergence vers les objectifs de développement durable.

Selon la Haute école d’ingénierie Arc, la machine-outil occupe 5 fois moins de place que ses grandes sœurs et consomme 10 fois moins d’énergie pour faire le même travail. A l’évidence, les ingénieurs qui ont conçu ce petit bijou ont intégré les exigences d’une production respectueuse de l’environnement et économiquement efficace.

C’est surtout – à ma connaissance – la première fois que l’on applique le précepte selon lequel des financements publics doivent profiter à tous. Jusqu’ici, moyennant quelques coups de pouce financiers, des industriels pouvaient s’approprier des développements financés avec de l’argent public, tout en passant pour de généreux mécènes.

Enfin, la dimension sociétale pourrait s’avérer la plus importante. Grâce à des machines-outil de cette taille – et à des prix que l’on imagine abordables – il redevient possible d’imaginer des productions délocalisées. Les grands groupes et les multinationales pourraient bien se faire dépasser par la concurrence de milliers d’acteurs « agiles ». De quoi contredire l’idée communément admise qu’il n’existe pas de salut en dehors du gigantisme industriel résultant du mouvement général de fusions et acquisitions engagé voici plus de 30 ans…

«Si les machines sont transportables, connectées, et prennent moins de place, il n’est plus nécessaire d’installer de grands ateliers en périphérie des villes. Une production décentralisée est même imaginable», explique Max Monti à L’Express dans son édition du 12.09.2016. L’image du paysan horloger qui, à la naissance de l’horlogerie, livrait à la fin de l’hiver les pièces réalisées chez lui, n’est plus très loin. Mais le retour a une production moins centralisée répond à d’autres enjeux, comme la logistique, l’énergie, la mobilité ou l’aménagement urbain, conclut le journal.

Bravo!

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