Ressourcerie de Malley, une idée à pousser plus loin

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(photo prise le 20.01.2016 au Centre Intercommunal de gestion des Déchets à Malley)

Invité à commenter l’événement dans l’émission Intercités de la RTS, ce jeudi 21 janvier 2016, je suis allé, hier, voir à quoi ressemble la « Ressourcerie » mise en place par la Ville de Lausanne au CID de Malley (voir le communiqué de presse du 13.01.2016, pdf 162 Ko). L’initiative doit être saluée. Mais seuls les objets et appareils en bon état y sont recueillis et les habitants ne peuvent pas s’y servir. On devrait aller beaucoup plus loin et permettre aux gens de récupérer des appareils défectueux pour les réparer ou y prélever des pièces pour en réparer d’autres. J’en ai évidemment profité pour présenter aux auditeurs de La Première mon idée de Bonne Combine 2.0.

Lors de ma visite j’ai longuement discuté avec le chef du CID et lui ai demandé pourquoi les « clients » de la déchetterie de Malley n’ont pas le droit de récupérer des objets. Il m’a brandi une feuille émanant de la Direction des Travaux de la Ville de Lausanne qui fait interdiction aux collaborateurs et collaboratrices du Service d’assainissement de prendre des objets destinés à l’élimination, que ce soit pour eux ou pour des tiers, en application de l’article 23 RPAC (Règlement du personnel de l’administration communale). En somme, ce qui était interdit pour lui l’était encore plus pour un simple contribuable comme moi!

De retour chez moi, j’ai cherché dans le Règlement communal sur la gestion des déchets (voir fichier pdf, 673 Ko) la base légale de cette interdiction de récupérer et qui est en contradiction avec le principe de prévention des déchets inscrit dans le droit fédéral. Je n’y ai rien trouvé de tel. Au contraire, la Commune « encourage les mesures qui visent à […] allonger la durée de vie des biens de consommation et favoriser leur réutilisation » (art. 2 Principes de gestion). Les détenteurs de déchets doivent les séparer à la source de telle manière que ceux qui sont réutilisables puissent l’être (art. 8 Devoirs des détenteurs de déchets). Le hic, c’est que l’article 9 du règlement stipule que les déchets « deviennent propriété de la Commune au moment où ils sont […] déposés dans les postes de collecte ». Autrement dit, récupérer un objet afin de le réutiliser constitue un vol d’un bien communal, passible d’une sanction. « Celui qui, intentionnellement ou par négligence, contrevient aux dispositions du présent règlement ou aux directives d’application fondées sur celui-ci, notamment celui qui […] fouille ou emporte des déchets destinés au ramassage ou déposés dans les postes de collecte […] est passible d’une amende » (art. 17 Sanctions). Sachant que, de manière générale, le recyclage ou l’élimination des déchets coûte à la commune, cette interdiction est aberrante tant du point de vue écologique qu’économique.

Dans la logique du projet de Bonne Combine 2.0, il faudrait au contraire inciter ceux qui le souhaitent – comme, par exemple, La Bonne Combine – à fouiller, récupérer des pièces et les vendre pour réparer et faire durer d’autres appareils. Mais il s’agit là d’une révolution copernicienne. Pour l’heure, le chef du CID m’expliquait, scandalisé, qu’il a vu des Français harponner des clients avant qu’ils n’entrent dans la déchetterie pour qu’ils leur remettent, par exemple, un meuble en bon état, qu’ils allaient ensuite repeindre et revendre, avec pour conséquence qu’un meuble neuf ne sera pas vendu et que des emplois risquent de disparaître! Je me suis borné à lui dire que globalement réparer et rénover des objets crée plus d’emplois que de les détruire et en produire de nouveaux en Chine…

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