Faire durer: un pilier essentiel du développement durable

(source: https://eustore.ifixit.com)

Sous le titre “Réparer, une stratégie marketing vertueuse”, le quotidien 24 Heures a publié, le 26 février 2020, un article de la journaliste Catherine Cochard consacré au retour en grâce de la réparation, à l’occasion d’une tournée de Patagonia qui propose la réparation gratuite de vêtements de sport pour encourager – notamment les jeunes – à opter pour des produits durables et réparables.

Interviewé dans ce cadre, j’en ai profité pour faire passer quelques messages qui me tiennent particulièrement à cœur (et qui peuvent nous faire oublier un instant le coronavirus…). A commencer par l’idée que la réparation a une dimension écologique, mais aussi économique et sociale: elle permet d’optimiser l’utilisation des ressources naturelles, tout en créant des emplois locaux à forte valeur ajoutée, favorisant globalement le pouvoir d’achat et en stimulant les solidarités et le recours à l’intelligence collective. Lire la suite

Apple remet en question le droit à la réparation

(Source: communication iFixit du 09.01.2020)

C’est un épisode de plus dans la saga de la lutte de Apple contre la durabilité. Mais cette fois, cela pourrait avoir des conséquences graves sur les droits des consommateurs et des entreprises de réparation à faire durer n’importe quel produit technologique intégrant des logiciels protégés par un brevet. Avec l’arrivée de l’Internet des objets (IoT, Internet of the Things), cela va tendanciellement concerner tous les appareils de notre quotidien. Alerte! Lire la suite

L’EMPA donne sa caution “scientifique” au gaspillage

(Source: Detailstudie_Wiederverwendung_E+E_FINAL, EMPA, 15.02.2018, p. 32)

Je continue inlassablement à promouvoir la réparation et la réutilisation d’équipements électriques et électroniques (voir https://blogs.verts-vd.ch/marthaler/2019/autoriser-recuperation-dechetteries-polluer-planete/). Alors je m’étrangle, quand l’EMPA (Laboratoire fédéral d’essai sur les matériaux, qui appartient au Domaine des EPF) rend un rapport à l’OFEV (Office fédéral de l’environnement) qui conclut que, au-delà de 4-8 ans, il serait plus écologique de jeter un appareil qui fonctionne pour en acheter un nouveau! Ces conclusions découlent d’une erreur intellectuelle grave. En effet, pour l’EMPA, les équipements tels que lave-linge, réfrigérateur, ordinateur ou smartphone consomment toujours moins et leur fabrication nécessite de moins en moins d’énergie et de matières premières. Lire la suite

L’increvable: la machine à laver qui dure 50 ans

(Source: http://www.lincrevable.com/fr/)

Je suis depuis le départ l’initiative de ces jeunes designers français qui ont conçu une machine à laver le linge susceptible de durer 50 ans et baptisée L’Increvable. Ayant moi-même réparé des lave-linge Schultess, Zug Unimatic ou Wyss Mirella, qui avaient parfois plus de 40 ans, leur projet me semble frappé au coin du bon sens. Et je m’amuse à constater que les solutions proposées n’ont rien de révolutionnaire. C’est le cas notamment du joint de porte assurant l’étanchéité entre le hublot fixé sur la face avant et la cuve mobile, qu’ils proposent de remplacer par un hublot fixé directement sur la cuve, l’étanchéité étant garantie pas une manchette toute simple en caoutchouc. Comme ils semblent avoir toutes les peines du monde à trouver des industriels convaincus, je me demande si, par exemple, V-Zug ne serait pas en mesure de refabriquer, tout en l’adaptant avec des technologies numériques open source, les machines ultra-durables produites dans les années ’80 et ’90. Je ne peux pas m’empêcher de leur écrire en ce sens. À suivre…

Voir aussi https://youtu.be/K5ZSoAJjqWI?t=16.

Autoriser la récupération dans les déchetteries sans polluer la planète

(Source: Arte, Cosima Dannoritzer, La tragédie électronique, 2014)

Vendredi 12 avril 2019, j’étais invité par la FIFEL (Fondation Internationale du Film sur l’Énergie, Lausanne) et Ingénieurs du Monde à exposer les solutions apportées par why! pour une informatique plus durable. Mais avant cela, il a fallu visionner l’insoutenable documentaire de Cosima Dannoritzer “La tragédie électronique” (accessible sur Arte moyennant 2,99€). J’ai aussi pu discuter avec le journaliste et environnementaliste ghanéen Mr Mike Anane, protagoniste du film, qui est allé demander des comptes à plusieurs institutions publiques européennes et américaines dont les noms figuraient sur les carcasses d’ordinateurs trouvés dans l’immense décharge d’Agbogbloshie dans la banlieue d’Accra. Voilà qui m’a amené à revoir mon projet visant à autoriser la récupération de pièces dans les déchetteries pour permettre de faire durer d’autres appareils… Lire la suite

Les 18-25 ans se posent les bonnes questions!

(Source: vidéo type draw my life réalisée par Aymeric Schmid, Léonard Donzel, Jonas Vuilleumier et Samuel Schläppi, mars 2019)

J’en ai été très touché. Quatre jeune étudiants du Centre Professionnel du Littoral Neuchâtelois (CPLN) m’ont demandé de fonctionner comme expert pour le travail interdisciplinaire exigé pour obtenir leur maturité professionnelle. A l’heure où les jeunes manifestent un peu partout sur la planète sur l’urgence climatique, ces quatre gymnasiens ont choisi de faire un zoom sur les impacts environnementaux, mais aussi sociaux et économiques, du remplacement accéléré des smartphones. Et, plutôt que de dénoncer les scandales qui émaillent ce domaine d’activité, ils se sont attachés à réaliser une vidéo destinée aux 12-25 ans pour les sensibiliser à ces enjeux et tenter de modifier leurs comportements de consommateurs. Lire la suite

IQOS: obsolescence programmée confirmée

(Source: https://www.youtube.com/watch?v=GgbdgejhNmg)

Aujourd’hui, j’ai rapporté l’appareil IQOS de ma femme, qui a décidé, il y a un peu plus d’un an de ne plus fumé du tabac, mais de le chauffer en utilisant un appareil IQOS de Philip Morris. La lame de chauffage s’était cassée. Verdict du point se service IQOS de la place de l’Europe à Lausanne: “ce modèle a plus de 2 ans et il n’y a plus de service“. Lire la suite

DAB+: obsolescence programmée par l’État?

(source: dabplus.ch)

La Confédération a décidé d’arrêter les émissions sur la bande FM en 2024 pour ne plus laisser subsister que le DAB+. C’est ce que j’ai appris en écoutant l’émission A Bon Entendeur du 04.12.2018 sur la RTS. Pour moi qui écoute le plus souvent la radio lors de mes déplacements en voiture, la question qui m’est immédiatement venue à l’esprit est celle de savoir si j’allais devoir changer de voiture en 2024 pour pouvoir continuer à m’informer durant le temps (perdu) de mes rares trajets en auto. Lire la suite

Économie circulaire ET collaborative!

(Source: AFNOR, projet de norme XP X30-901 sur l’économie circulaire)

C’est mon ami Alain Guye – l’un des promoteurs du référentiel et de la certification EcoEntreprise – qui me l’a signalé hier. L’AFNOR (organisme français de normalisation) a élaboré une norme en faveur de l’économie circulaire (XP X30-901) et la France a pris le leadership d’un comité technique de l’ISO (International Standardisation Organisation) sur le sujet (ISO TC 323) “pour réunir des professionnels désireux d’élaborer la norme internationale, sur les bases du texte tricolore”. Cocorico!

Je suis évidemment très heureux de cette initiative française (d’autant plus que je suis double national franco-suisse par mariage). J’ai donc souhaité prendre connaissance de la norme élaborée par l’AFNOR. Je pensais naïvement pouvoir la télécharger sur le web. Malheureusement, à mon plus grand dam, la norme AFNOR XP X30-901 Economie circulaire – Système de management de projet d’économie circulaire – Exigences et lignes directrices ne peut être consultée que moyennant l’achat d’un PDF à EUR 200.28 HT (EUR 240.34 TTC) qui ne peut être lu que par 3 personnes (!?!) ou la souscription d’un abonnement donnant droit au téléchargement d’un certain nombre de normes sur une durée plus ou moins longue.

Sachant que l’économie circulaire est principalement portée par les tenants de l’économie collaborative, souvent appelée économie du partage, j’avoue que cela me choque. D’autant plus que l’élaboration de ladite norme s’est faite principalement – si ce n’est exclusivement – avec des financement publics ou parapublics. La logique voudrait que ces résultats puissent être accessibles et discutés par tout un chacun.

Mais le plus grave est que cette “barrière tarifaire” empêche une large diffusion de la norme et des concepts sous-jacents. C’est parfaitement contre-productif! Si l’économie circulaire devait permettre de réorienter l’économie vers la durabilité – ce que je crois – il faudrait au contraire rendre ces idées accessibles à l’échelle planétaire.

PS: Je crois que je vais aller m’acheter un gilet jaune. Et tant pis s’il n’est pas certifié AFNOR!